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Salaires contre augmentation du temps de travail des ingénieurs et cadres

Salaires contre augmentation du temps de travail des ingénieurs et cadres

Airbus : les syndicats refusent le plan de vol et mettent en avant le facteur des conditions de travail dans la qualité de la production.

lundi, 11 mai 2015 | Actualités
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La lettre .info

En dépit du crash de l’Airbus militaire lors d’un vol d’essai à Séville, le constructeur aéronautique affiche une parfaite santé avec devant lui de dix à quatorze années de production assurées pour quelque 6399 avions à livrer.

Airbus Group a connu une année record sur le plan financier en 2014, avec un bénéfice net de 2,34 milliards d'euros, en hausse de 59%. Les deux dernières années, les négociations salariales avaient débouché sur une augmentation de 3,4% de la masse salariale.

C’est dans ce contexte prospère, mais néanmoins marqué par des réorganisations et suppressions de postes que les syndicats du groupe, et particulièrement la CGT ont abordé les négociations annuelles obligatoires 2015… qui se sont néanmoins conclues sur un échec.

En effet la direction s’est livré à un chantage en règle en proposant d’augmenter le temps de travail en portant à 215 le nombre de jours travaillés par an, contre 211 à 214 jours jusqu'ici, dans les différentes sociétés du groupe d'aéronautique de défense et d'espace. Les salariés ne pouvant accepter un tel marché, la direction a menacé de se rattraper sur les augmentations de salaires.

"Les syndicats ont jugé que la situation du groupe ne justifiait pas d'aller chercher un gain de compétitivité par un allongement du temps de travail", a indiqué la CGT dans un communiqué. Le syndicat a aussi fait valoir qu’augmenter le temps de travail de deux jours par ingénieur ou cadre conduirait à la suppression de 200 emplois alors qu’au contraire on créerait 200 emplois en réduisant le temps de travail de deux heures. Ces dernières années, la productivité (valeur ajoutée / nombre de salariés) est en augmentation régulière dans les entreprises du Groupe.

Dès lors, « où sont les problèmes de compétitivité ? », interroge la CGT qui rappelle que les excellents résultats d’Airbus et sa situation dominante sur le marché aéronautique « découlent directement du travail et de l’implication formidables des salariés du Groupe et de la chaine de sous-traitance. Ce travail s’effectue dans des conditions de plus en plus compliquées et anxiogènes.»

A ce propos, la CGT s’est dite « extrêmement » préoccupée par l’augmentation des accidents du travail et la montée du stress dans de nombreuses entreprises. Dans ces conditions, vouloir augmenter le temps de travail des ingénieurs et cadres ou « optimiser » celui des non-cadres risque de mettre à mal la santé physique et mentale des salariés.

Enfin dans un courrier à la DRH du groupe la CGT alerte la direction sur « les risques de toucher à des équilibres qui ont amené Airbus Group à sa position dominante. Pour tenir nos engagements vis-à-vis de nos clients, il y aurait intérêt à mettre des moyens supplémentaires pour garantir la production de nos produits sans baisse de la qualité. »