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Appel unitaire : "Liberté pour Julian Assange"

Appel unitaire : "Liberté pour Julian Assange"

Non à l’extradition de Julian Assange, en défense des lanceurs d’alerte, contre la criminalisation du journalisme

mardi, 25 février 2020 | Actualités

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Lundi 24 février s'ouvre à Londres le procès de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, dont l'extradition est réclamée par les Etats-Unis qui l'accusent d'espionnage. Vendredi 14 février s'est tenue à Lisbonne une conférence de presse en défense de Rui Pinto, le lanceur d'alerte des FootballLeaks, emprisonné depuis près d'un an.

Contre cette criminalisation du journalisme, plusieurs médias et organisations, dont l'Ugict-CGT et le SNJ-CGT, appelaient à une réunion publique le jeudi 20 février.

Se tenant à trois jours de l'ouverture du procès de Julian Assange, cette réunion publique était organisée par de nombreux médias (dont Mediapart, Regards et Le Média qui en ont lancé l'idée, mais aussi L'Humanité et bien d'autres), des organisations professionnelles (Reporters sans frontières, Fédération internationale des journalistes), des syndicats (SNJ-CGT, SNJ, UGICT-CGT), des associations (Ligue des droits de l'homme, Maison des lanceurs d'alerte).

 

 Edwy Plenel écrit sur son blog :

Pour avoir permis des révélations majeures sur les guerres américaines et leurs violations des droits humains, le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, fait face aux Etats-Unis à dix-huit chefs d’accusation dont celui d’espionnage. À partir du lundi 24 février, la justice britannique doit statuer sur la demande d’extradition des autorités américaines. Julian Assange est actuellement détenu en Grande-Bretagne où il est privé de liberté depuis 2012, ayant déjà vécu sept ans enfermé à l’ambassade d’Équateur où son intimité privée et ses rencontres avec ses avocats ont été espionnées par des prestataires de la CIA. 

Pionnier des potentialités démocratiques de la révolution numérique, Julian Assange a permis la révélation mondiale de crimes de guerre, de cas de tortures, d’enlèvements et de disparitions, de corruptions économiques et de fraudes fiscales, de mensonges d’État et d’atteintes aux libertés fondamentales. Relayées par les médias du monde entier, toutes les informations révélées par WikiLeaks étaient d’un intérêt général majeur qu’il était légitime de rendre publiques au regard du droit international. Julian Assange, WikiLeaks et tous les médias qui ont repris leurs informations ont servi le libre exercice d’un droit fondamental des peuples souverains, celui de savoir tout ce qui est fait en leur nom par des États, des gouvernants et des administrations qui leurs doivent des comptes.

L’extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis signifierait la remise en cause de ce droit fondamental, reconnu par toutes les déclarations universelles et conventions internationales. Ce serait une atteinte sans précédent à la liberté de presse, à la liberté d’enquêter et à la liberté d’informer. Elle transformerait en délinquants et en criminels les journalistes qui révèlent les secrets illégitimes des pouvoirs et les lanceurs d’alerte qui les aident loyalement à les trouver. Elle ouvrirait la voie à une offensive générale contre le droit d’informer, dont témoignent déjà la répression et la persécution d’autres journalistes d’enquête et lanceurs d’alerte, à l’instar de Chelsea Manning, Edward Snowden, Glenn Greenwald et Rui Pinto.

La lettre .info