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Bernard Demarcq - Le Printemps

Bernard Demarcq

« Printemps Au Bonheur du Grand Capital »

vendredi, 22 mai 2015 | Actualités
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La lettre .info

La Cession  du PRINTEMPS au Qatar par le groupe RREFF(filiale de la Deutsche BANK) et la famille BORLETTI  en juin 2013, devait s’effectuer dans la plus grande discrétion tant au niveau des médias que des instances représentatives, selon un pacte secret signé au Luxembourg le 21 décembre 2012.

Mais le coup de tonnerre est arrivé le 11 février 2013 révélé par Médiapart dans un article libellé : « Printemps Au Bonheur du Grand Capital »
Cet article mettait en exergue les 45 pièces confidentielles de ce pacte secret, et surtout révélait comment le Qatar allait prendre 100 % du contrôle de Printemps SAS, et quels moyens il avait mis en oeuvre, outre le prix de vente de 1,750 milliards, pour être le seul repreneur, et écarter tous les autres groupes intéressés par un rachat.

Ce jour là, le syndicat UGICT-CGT découvre dans ce  « deal », une rétro commission  de 600 millions d’euros sur 7 ans, pour Maurizzio BORLETTI, devant être versé sur un compte au Luxembourg, net d’impôt bien sûr, puisque les documents publiés font état des différents montages possibles, pour justement ne rien acquitter fiscalement en France.     
Cette rétro commission se cacherait derrière « un contrat de conseil factice » alors que « in fine », Borletti ne représentera plus rien dans le Printemps puisque le Qatar devient seul actionnaire à 100%
C’est si vrai que si un désaccord  intervenait au bout de deux ans, ce contrat prévoit qu’il peut percevoir malgré tout  l’intégralité de cette somme  avant le terme du contrat.
Ce montant de 600 millions chers collègues, représente 50.000 € nets par jour pendant 50 ans, pour un seul homme !


L’ UGICT-CGT a appelé cela le prix de la corruption, car nous nous sommes vite aperçus, qu’avec le Qatar, lorsqu‘il s’agissait de corrompre, on ne comptait plus.    
Afin de faire toute la lumière et faire éclater la vérité, nous avons mis en place une intersyndicale dont j’ai été nommé porte parole.
Et c’est dés la diffusion de nos premiers tracts sur les dessous de cette cession, que j’ai eu la grande surprise, de recevoir anonymement  sur ma boîte mail personnelle, des messages d’encouragement à mener cette lutte de la part d’un lanceur d’alerte anonyme,  sous le pseudo « Borletti Gate », avec en prime des dizaines de pièces confidentielles sur ce montage, ainsi que les différentes sommes versées au PDG du Printemps DE CESARE, avec de surcroît, là encore, les différents montages  pour placer à Singapour, les 23 millions de prime à la cession qu’il allait percevoir…

Dans les mails suivants, ce lanceur d’alerte m’adresse les contrats d’un dénommé « apporteur d’affaire » qui percevra lui aussi 45 millions d’euros de commissions à la signature de la vente…alors qu’il n’a rien apporté du tout puisqu’il était rémunéré pour cette affaire et par le vendeur et par l’acquéreur…au diable le conflit d’intérêt…
Parmi les heureux primés, le directeur Financier percevra lui aussi comme prix du silence, un chèque de 1,5 millions d’euros.
Le DRH Central, Président du Comité Central d’Entreprise, en pleine information consultation, partira lui aussi avec 1 million d’euros
Et durant 4 mois, ce lanceur d’alerte va m’informer à 8 reprises, de toutes les corruptions, y compris en bande organisée, de toutes les fraudes et évasions fiscales avec blanchiment, vers quel pays…. etc…et  nous informer de toutes les tentatives de Borletti et du Qatar pour déstabiliser l’Intersyndicale, car ils avaient bien conscience qu’ils étaient « torpillés » par un proche, sans pouvoir l’identifier.  


Tous ces éléments ont conduit l’Intersyndicale à agir devant la justice pour que les conditions d’information de cette cession se déroulent conformément aux textes.

Déboutés par le TGI en première instance, avec l’aide de nos avocats et ce lanceur d’alerte, nous avons fait Appel de cette première décision et la Cour d Appel a rendu un jugement favorable en suspendant les effets de la cession, et en ordonnant la reprise de l’information consultation jugée irrégulière, sous astreinte de 10.000 euros par jour de retard.
Entre temps nous avions décidé, suite aux nombreux articles  sortis par Médiapart et Martine ORANGE, que je tiens à remercier, à faire un signalement au Procureur de la République en mai 2013, avec toutes les pièces du dossier …
Et là encore, le lanceur d’alerte nous a aidé à rédiger la trame pénale de ce signalement.
Cette ténébreuse affaire étant tellement surréaliste, le Procureur a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire confiée à la Brigade Financière qui m’a auditionnée en septembre 2013…
Suite à cette audition et à force de tout remuer nous avons ensuite découvert d’autres sociétés écrans, d’autres transferts vers des paradis fiscaux, dans les 3 années qui ont précédé la vente…

Aujourd’hui la justice continue d’enquêter sur une cession qui ne valait pas plus de 1,2 milliards et pour laquelle le Qatar, au  final, avec la reprise de la dette précédente d’acquisition en LBO……….aura déboursé 3 milliards… Dont au moins 1 milliard de commissions versé à Borletti, aux minoritaires, et à quelques autres…
Et je termine par cette anecdote qui montre que parfois il y a une justice pour les syndicalistes  teigneux…
En mai 2013, un cadre du Printemps qui n’était pas le lanceur d’alerte, demande à me rencontrer pour me confier des pièces sensibles d’une demande de transfert de somme vers la Suisse  pour exonération fiscale.
Cette demande date de 10 mois avant la signature de la vente,  et émane  du PDG Paolo DE CESARE, celui là même qui va toucher les 23 millions d’euros de prime à la cession….
En d’autres termes, il demande à son Banquier Suisse comment il pourrait transférer en Suisse, ses 23 millions, pour ne rien payer en France….
Comme le climat est un peu malsain à ce moment,  le Banquier Suisse lui répond dans un courrier de 6 pages,  que la Suisse étant dans le collimateur, il serait préférable qu’il voit cela avec l’autorité Française….
Notre PDG ne désarmant pas, tente la même opération vers le Luxembourg dont il reçoit la même réponse : il faut voir avec l’autorité Française…..
Donc notre PDG voit avec l’autorité Française le 30 novembre 2012….
Un échange de mails entre cette autorité  Française et le PDG, démontre qu’une certaine proximité quelque peu dérangeante s’était installée entre eux…Et on pouvait lire dans les échanges de mails qu’une invitation à un week-end avait même été honorée dans un Chalet Suisse….

Cette autorité Française, vous l’avez tous deviné certainement, n’était ni plus ni moins que le Ministre du Budget de l’époque, Jérôme CAHUZAC qui sera épinglé 2 semaines après par le juge Renaud VAN RUMBEYCKE et François MOLINS pour fraude et évasion fiscale.
Ainsi, par un destin très étrange, les 23 millions de Paolo DE CESARE étaient programmés pour suivre le même cheminement que le ministre Jérôme CAHUZAC …
Même évasion fiscale, même pays, même banque…et mêmes fraudeurs,  lesquels, qu’ils exercent à l’Assemblée Nationale où dans les entreprises, vous répondent les yeux dans les yeux, qu’ils sont la vérité et qu’il n’y en a pas d’autre…..
    
Ce qui s’est passé Au Printemps démontre une chose essentielle rappelée par Sophie BINET.
    
S’il n’y avait pas eu de syndicat des cadres UGICT-CGT fort et influent, le lanceur d’alerte ne se serait pas  manifesté seul. Et il me le fait comprendre  dans sa seconde alerte du 12 mars 2013 en m’écrivant « vous me semblez être le seul capable d’aller jusqu’au bout pour que les salariés du Printemps ne deviennent pas salariés d’un employeur occulte, et pour empêcher d’engraisser Monsieur BORLETTI »
    
Ce lanceur d’alerte ne se trompe pas, ce qui démontre qu’il connaissait bien l’UGICT et qu’il me connaissait bien. Et même si je pense l’avoir identifié disons à 99 %,  les corrupteurs et fraudeurs eux n’y sont pas parvenus, tout en sachant qu’il faisait partie de leur sérail, car pour avoir eu de tels documents ultra confidentiels, émanant et signés au Luxembourg, cela ne pouvait venir que de l’un d’entre eux, en désaccord avec un tel montage financier de fraude et d’évasion fiscale, de corruption privée et en bande organisée, de blanchiment, d’abus de bien sociaux, et de conflits d’intérêts, motifs qui ont décidé le Procureur de la République François MOLINS à diligenter une enquête préliminaire confiée à la Brigade Financière et toujours en cours, qui ne m’autorise pas à l’instant présent, à communiquer l’identité du cadre nous ayant confié les secondes pièces de demande d’expatriation fiscale de la prime de 23 millions du PDG.