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2 ans après Brétigny, la sécurité intéresse-t-elle encore les directions SNCF ?

2 ans après Brétigny, la sécurité intéresse-t-elle encore les directions SNCF ?

En tout cas, les difficultés au quotidien sont reconnues pour le management de proximité ! 

Deux ans après la catastrophe ferroviaire de Brétigny, on peut en effet affirmer que la seule  chose qui s’est vraiment améliorée, c’est la qualité et le nombre de rapports qui « mettent en exergue une faiblesse de l'efficacité du système de gestion de la sécurité ».

Pour l’Union Fédérale des Cadres et Maîtrises de la Fédération CGT des cheminots (UFCM-CGT), les engagements  des Directions ne sont pourtant toujours pas à la hauteur des enjeux ! Ils continuent à relever majoritairement d’une Communication bien huilée, qui a pourtant de plus en plus de mal à se confronter aux réalités, confirmées de rapports en rapports.

mercredi, 15 juillet 2015 | Actualités
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La lettre .info

Curiosités de calendrier ou pas ? Le triste 2e anniversaire de la catastrophe de Brétigny a lieu dans une période qui a vu la SNCF se découper en 3 Etablissements Publics distincts. Est venu s’y ajouter un rapport de l’EPSF - Etablissement Public de Sécurité Ferroviaire - un Etablissement déjà extrait de la SNCF historique).

C’est maintenant à SNCF-Réseau de répondre des questions de sécurité propres aux Iinfrastructures, ce qui est un non-sens d’ailleurs, puisque la sécurité ferroviaire ne se conjuguera jamais de manière étanche entre des gestionnaires du rail d’un côté et des gestionnaires de la roue de l’autre.

Quoiqu’il en soit, de rapports, des évidences sont répétées. Elles rejoignent logiquement les analyses de la CGT, dont celle-ci : le premier échelon du management local est le « maillon faible » du système.

Formation continue, connaissance des particularités des installations, maîtrise des savoir-faire, aucun échelon n’est épargné

Empêtrée dans ses difficultés, la Direction a lancé une première série d’actions via le plan Vigirail ciblé sur la sécurité coté Infrastructures, puis une action plus large d’un plan « d’excellence sécurité ». Parallèlement est venue s’ajouter la nomination d’un Inspecteur Général Sécurité en la personne d’un vrai Général anciennement chargé de la sécurité nucléaire militaire.

La fédération CGT des cheminots s’est fendue d’une lettre ouverte à ce personnage, qui l'a reçue le 7 juillet dernier. S’il ne pratique pas langue de bois, il a reconnu en effet les limites de ses responsabilités et de ses « troupes » limitées à 2 agents. Il considère tout de même pouvoir jouer le rôle d’aiguillon et être en capacité de faire de propositions, dont il ne maîtrisera pas l’éventuelle mise en œuvre. La CGT des chemnits considère qu’il ne sera pas en capacité de jouer un rôle à la hauteur des enjeux, vu le dimensionnement de ses moyens et ses niveaux de responsabilités.

Le management de proximité est maintenant suffisamment mis en cause en ce sens qu’il est en grande difficulté

Les constats du rapport de l’EPSF sont sans concession sur ce sujet, il confirme nos analyses selon lesquelles, pour faire très court, la majorité de l’encadrement de proximité est dans l’incapacité de réaliser ses missions correctement ;

Devant une liste de constats alarmants, la Direction de SNCF-Réseau répond par une série d’engagements majoritairement fumeux hormis quelques cas intéressants de déploiement de monitorat, système supprimé … il y a quelques années !

Mais il y a plus grave, l’EPSF souligne en effet des parcours surdimensionnés ou des effectifs en dessous des dotations prévues et ce de manière chronique. Pour l’UFCM-CGT, qui dénonce sans cesse cette difficulté comme la mère de toutes, ce sera plus difficilement nié maintenant que cela est écrit par un organisme indépendant. Il est frappant d’ailleurs de relever que cet Etablissement a de manière évidente longtemps été sommé de ne rien voir et ne rien dire !

Ce qui est grave c’est qu’il n’y a à ce jour absolument aucune annonce montrant une quelconque prise en compte de ce problème par les Directions. Un problème que l’expertise du CHS-CT local avait largement mis en exergue : les dirigeants locaux reconnaissant tous des durées hebdomadaires de de 50 heures, avec des pointes régulières à 70 heures !

Sans rentrer dans des détails techniques d’experts, le rapport souligne par exemple que « Les agents … ont exprimé des difficultés à réaliser les tournées ... ». Il faut en effet savoir que les tournées en question sont toujours identifiées comme une des causes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny, en ce sens qu’elles constituent la dernière boucle de rattrapage, qui n’a pas fonctionné !

Il est ahurissant de constater que la Direction et maintenant les Directions restent sans réaction devant ces constats, enfermés dans une logique comptable dans laquelle il est impossible d’imaginer une simple remise en question de réductions d’effectifs qui n’ont jamais pris en compte la réalité du travail. Ce sont ces mêmes directions qui ont réussi à imposer la tenue de ces postes à de jeunes diplômés à la fois sans expérience et sans capacité à « refuser » de telles responsabilités sous des pression qui s’apparentent à de véritables chantages.

Le syndicalisme est une réponse aux difficultés à exercer son métier

Pour l’UFCM-CGT, l’heure est maintenant à la prise de conscience de la population concernée, faiblement syndiquée, que le syndicalisme est une réponse à leurs difficultés au quotidien.

Il paraît tout aussi important dans la période de leur faire mesurer les dangers supplémentaires dans lesquels les enferment les logiques managériales qui ont banalisé l’octroi de récompenses financières à l’atteinte d’objectifs.

Pour l’UFCM-CGT, ce type de management est totalement incompatible avec des responsabilités sécuritaires : les agents honnêtes y sont clairement pénalisés : il pousse à cacher la vérité, c’est maintenant une certitude !