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Cadres, statut cadres, loi travail, code du travail… convergence des débats

Le 19 octobre 2016, pour clôturer le CN, l’Ugict organisait une soirée de débats avec présence de deux personnalités : Gaëtan Flocco, auteur de l’ouvrage « Dominants dominés : pourquoi les cadres acceptent leur servitude » (éditions Raisons d’Agir) et Emmanuel Dockès, professeur à l’Université Paris Ouest-Nanterre la Défense, co-auteur d’un précis du droit du Travail (éditions Dalloz), mais aussi co-animateur d’un collectif d’universitaires travaillant à la construction d’un code du travail en réponse à la loi Travail.

vendredi, 28 octobre 2016 | Actualités
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La lettre .info

Pour sa part, Marie José Kotlicki, secrétaire générale de l’UGICT participait aux échanges en tant que co-auteur de trois ouvrages sur le Wall Street Management (« Pour en finir avoir le Wall Street Management », « Laissez-nous bien travailler » éditions de l ‘Atelier, « Révolution Cadres » éditions Pascal).

Les cadres seraient-ils complices de leur servitude ? C’est la question que pose Gaëtan Flocco, maitre de conférence, enseignants chercheur en sociologie à l’université d’Ivry. En s’appuyant sur des entretiens, il dégage quatre idées forces : un  consentement accepté, mais dont la nature coercitive n’échappe pas aux protagonistes ; un consentement critique d’un management qui leur interdit de « bien travailler » ; une autre facette du consentement qui passe par leur adhésion au travail,  la qualité de l’ambiance et des échanges, enfin un consentement qui s’exprime par une idéalisation de l’autonomie dont disposent les cadres et une idéologisation de la performance.

Autant d’axes de réflexions sur lesquels l’Ugict travaille en permanence comme le précisera Marie-José Kotlicki, au cours de son intervention. C’est en partant de l’analyse du travail réel et du constat de l’avènement du règne de l’actionnaire, conséquence de la financiarisation des entreprises, que l’Ugict en arrive à revendiquer un droit d’expression publique aux cadres, un droit de refus et d’alternative car « ce n’est pas l’encadrement qui est responsable de la dégradation des conditions de travail ». Il faut un bâtir un nouveau statut de l’encadrement, parallèlement à un nouveau statut des travailleurs salariés ou non.

Emmanuel Dockés, nous fait part de l’avancement des travaux du collectif d’universitaires sur la rédaction d’un autre code du travail. Pour le moment la réécriture ne concerne encore qu’un quart du code. Il devrait être finalisé courant Mars 2017. Emmanuel Dockès insiste sur les difficultés de définir aujourd’hui le lien de subordination avec l’externalisation de nombreux travailleurs qui crée « une zone grise peu souhaitable », mais qui doivent bénéficier de l’ensemble des protections définies par le code du travail car ils restent dépendants économiquement. Il soulève aussi la question des forfaits jours et réfléchit à un outil qui permette de transmettre les heures de travail réellement effectuées, tout ne préservant les autonomies conquises.

Loi travail, code du travail, statut cadre, autant de sujets que d’axes de réflexions développés par l’Ugict ont été abordés au cours de cette soirée.