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Congé maternité : « ne pas déshabiller Pauline pour habiller Claudie »

La réforme annoncée du congé de maternité unique devrait se faire dans les prochains mois.

mardi, 06 juin 2017 | Actualités
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La lettre .info

Si la promesse de campagne d'Emmanuel Macron d'ouvrir le droit à une couverture identique à toutes les femmes enceintes, quel que soit leur statut (femmes non-salariées, artisan, autoentrepreneur, professions libérales...) peut sembler séduisante de prime abord, elle pose néanmoins une série de questions auxquelles la secrétaire d’État à l’égalité femmes hommes, Marlène Schiappa devra apporter des réponses. 


Actuellement, pour les femmes salariées, le congé maternité est de 6 semaines avant l’accouchement, de 10 semaines après. Sophie Binet, dirigeante de l’Ugict-CGT et de la confédération CGT, interrogée sur RTL Petit Matin le 2 juin a estimé que « cette mesure va dans le bon sens, mais de nombreuses questions demeurent : «est-ce qu’il s’agit d’aligner la durée unique du congé maternité sur le minimum qui existe chez les salariés, c’est-à-dire 8 semaines, ou sur les 16 semaines ? »

Sophie Binet s’interroge également sur le niveau d'indemnisation et le financement prévu. Il ne s'agirait pas de « déshabiller Pauline pour habiller Claudie. (…) Pour assurer le financement de cette mesure, le plus simple c’est d’avoir une cotisation supplémentaire, c’est ce que nous avons fait pour les intermittentes du spectacle ».

Sophie Binet a aussi rappelé que dans notre pays le congé maternité est trop court (16 semaines) et ne répond pas aux normes internationales du travail qui en préconisent 18 : « c'est ce qui explique que de nombreuses femmes ont recours aux congés de grossesse pathologique. ». Elle a interpellé la secrétaire d'Etat sur les suites que le gouvernement entend donner au vote de l'Assemblée nationale en février dernier d'un texte favorable à l'extension du congé maternité à 18 semaines.

Sophie Binet a aussi insisté sur la nécessité de mettre en place une meilleure «protection des femmes enceintes, parce qu’il y a eu des cas de fausses couches au travail ».