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Crédits scientifiques : Hollande renonce à une partie des annulations

L'annonce de l'annulation de 256 millions d'euros de crédits de recherche a provoqué la colère de la communauté des chercheurs et contraint l'exécutif à renoncer à une partie des transferts annoncés.

lundi, 06 juin 2016 | Actualités
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La lettre .info

Face à l’émoi de la communauté scientifique, l’Élysée a annoncé qu'il renonce à une partie des annulations de crédits pour la recherche, mais il fait quand même les poches des labos pour récupérer 122 millions d’euros. Au moment où l’Allemagne prévoit 75 % d’augmentation des dépenses de recherche et développement.

L'annonce des annulations a provoqué des réactions parmi les chercheurs. Ainsi, sept prix Nobel français et un lauréat de la Médaille Fields ont publié lundi 23 mai dans Le Monde une tribune dans laquelle ils se disent consternés par la décision du gouvernement de procéder à des annulations de crédits pour la recherche, qui « s’apparentent à un suicide scientifique et industriel ».

Côté syndical, le Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique CGT avait protesté : « L’État, pour couvrir ses dépenses, renforce l’austérité dans les organismes de recherche et les universités, qui sont déjà confrontés à des problèmes de financement considérables. Ces amputations de crédits auront inévitablement des conséquences sur le soutien de base des laboratoires et le budget des programmes de recherche gérés par les organismes ». Ce coup de rabot budgétaire de 256 millions d’euros de crédits concerne pour plus de la moitié (134 millions) les dotations de 4 organismes de recherche : le CEA (76 millions), le CNRS (50 millions), l’INRA (10 millions) et l’INRIA (10 millions). L’enseignement supérieur universitaire est également mis à contribution, avec 50 millions de crédits annulés.


L’exécutif a sans doute flairé dans ces réactions l’ouverture d’un nouveau front social parmi ces professions scientifiques fortement mobilisées depuis plusieurs années.


Du coup, François Hollande a fait une marche arrière dont la signification n’a pas échappé aux éditorialistes, qui y voient la marque d’une stratégie de saupoudrage. Cinq des sept signataires du texte ont été reçus lundi à l’Élysée, où le chef de l’État aurait annoncé que sur les 256 millions d’euros d’annulations de crédit prévus pour la mission « recherche et enseignement supérieur », 134 millions d’euros consacrés à la recherche seront conservés.

Reste qu’on risque bien de reparler de ces coupes claires, car selon le SNTRS-CGT, « d’autres amputations budgétaires sont prévues à l’automne. Jusqu’où ira l’austérité dans la recherche et avec quelles conséquences pour les organismes et leurs personnels ? Moins de financements de l’État, c’est encore plus de difficultés pour travailler, plus de compétition pour l’obtention des contrats, plus d’instabilité, plus de mal-être au travail ».