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Dette grecque

Et si les chiffres avaient été gonflés pour justifier l’austérité ?

mardi, 29 janvier 2013 | Actualités
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La lettre .info

L’affaire va faire grand bruit dans la péninsule où la population est soumise à une cure d’austérité drastique. On a en effet appris mardi dernier, l'ouverture de poursuites par la justice grecque contre trois cadres de l'office national des statistiques (Elstat) soupçonnés d'avoir manipulé le déficit public du pays pour l'année 2009 pour mieux vendre l'austérité.

C’est par une ancienne cadre démissionnaire qu’est sortie l’accusation selon laquelle Elsat aurait artificiellement gonflé le déficit public de l'État grec en 2011 afin de choquer l'opinion pour qu'elle accepte mieux la cure d'austérité imposée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en échange de leur aide financière. Cette cadre accuse son patron à Elstat et ancien statisticien au FMI, Andréas Georgious d'avoir insisté pour faire entrer dans le déficit public de l'État les dettes des entreprises publiques de la péninsule hellénique. Sans cette manipulation, le déficit public pour l'année 2009 ne dépassait pas 12,5 %, au lieu des 15,4 % annoncés, et aurait pu être aisément ramené en dessous des 10 % à l'aide de mesures immédiates.

Plus grave encore, selon cette cadre interrogée mardi sur une radio, Georges Papandréou et le ministre des Finances de l'époque, Georges Papaconstantinou, avaient approuvé le maquillage. Et pour faire encore bonne mesure, l’ancienne cadre met en cause l'Union européenne dont l'Institut européen des statistiques s'était à l'époque empressé d'attester de la régularité absolue des comptes grecs présenté par Elstat. Et le patron de cette dernière avait garanti que son calcul du déficit public avait été effectué en toute indépendance vis-à-vis du gouvernement de l'époque.

Une pratique qui en rappelle une autre car on se souvient qu’en 2010 le New York Times avait révélé que la banque Goldman Sachs avait aidé le gouvernement grec à truquer ses comptes publics pour faire croire à son respect des critères requis pour l'adoption de l'Euro.