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Droit de grève : le patron des Fonderies du Nord s'assoit dessus

Trois salariés d'une entreprise de métallurgie nordiste qui ont fait grève jeudi contre la loi Travail ont reçu le 1 avril une lettre qui n'a rien d'une blague.

lundi, 04 avril 2016 | Actualités
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La lettre .info

Ils sont en effet convoqués à un entretien préalable à licenciement éventuel pour faute grave. " Alors que notre entreprise se trouve en grand danger de survie (...), nous sommes confrontés à une absence inopinée de votre part qui désorganise (la) production" écrit le patron de cette entreprise qui s'est défendu auprès de l'AFP en affirmant que « ces salariés n'ont pas demandé la permission de faire grève (...). S'ils en avaient fait la demande, je n'aurais jamais envoyé cette lettre".

Mais outre que dans ce pays on ne demande pas l'autorisation pour faire grève, ces trois salariés avaient néanmoins prévenu leur direction une semaine avant alors que la loi n'impose aucun préavis dans le privé (hors les entreprises de transport public). On peut se demander si le patron de cette fonderie ne revenait pas de Mars ou de plus loin.

Ainsi il écrit également n'avoir eu "connaissance d'aucun avis de grève ni au plan national", "ni au niveau de la branche professionnelle", ni d'"aucune grève interne à notre entreprise". "Et de fait, s'il y a des mouvements sociaux ce jour, aucun ne permet en réalité aux salariés de notre entreprise, comme vous, de se soustraire à la nécessite vitale d'accomplir les commandes", est-il encore écrit dans cette lettre qui convoque les salariés pour le 8 avril.

Comme on le voit dans cette affaire, la question de l'épaisseur du Code du travail n'est pas essentielle. S'il est réduit à sa plus simple expression, certains employeurs ne pourront plus caler leurs armoires.