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Les effectifs de cheminots sous le rabot de la réforme ferroviaire

Selon une expertise remise au Comité central d'entreprise (CCE) jeudi 26 février, les suppressions de postes à la SNCF vont continuer à un rythme soutenu.

lundi, 02 mars 2015 | Actualités
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La lettre .info

Près de 9.000 emplois nets pourraient disparaître d'ici à 2020. Cette étude avait été sollicitée par l'ensemble des syndicats à l'automne afin d'aider le CCE à mesurer les conséquences de la réforme ferroviaire contestée lors du mouvement social du printemps 2014. Le CCE sera consulté le 10 mars sur la mise en œuvre au sein du groupe, qui regroupe désormais les 149.000 salariés de la SNCF et les 1.500 employés de Réseau Ferré de France (RFF).
Selon Arnaud Eymery, du cabinet Degest chargé de l'expertise, la réforme du 4 août 2014 impose des objectifs d'économies qui auront "un impact lourd sur l'emploi", notamment dans la branche Mobilités, l'exploitant les trains. Le cabinet s'attend dans cette branche à environ 10.000 suppressions d'équivalents temps plein d'ici cinq ans, "soit une accélération de 25 à 60% du rythme de baisse des effectifs" par rapport aux dernières années.


D'après les projections du cabinet, établies sur les prévisions de gains attendues d'ici 2020 rapportées au coût moyen d'un agent, ces pertes seraient néanmoins en partie compensées par des embauches à SNCF Réseau (au rythme de 800 personnes par an) afin d'assurer le vaste programme de rénovation des voies engagé en 2014. Les effectifs du groupe public baisseraient de 149.000 à 140.000 personnes entre 2014 et 2020 (143.000 dans l'hypothèse basse).


Le cabinet pronostique également une augmentation de la sous-traitance et "une forte diminution" du nombre de lignes, qu'accentuera selon lui la libéralisation annoncée du transport de cars, concurrent du rail.


Au vu des conclusions "pas rassurantes" de l'expertise, la secrétaire du CCE, Céline Simon (CGT) a demandé jeudi à la direction d'ouvrir "un véritable dialogue" avec les représentants syndicaux sur la réorganisation, ainsi que "l'organisation de la production", trop "cloisonnée" selon elle entre SNCF Mobilités, SNCF Réseau et l'établissement de tête SNCF.