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Enquête sur plus de 200 000 jeunes : génération cocotte minute

Enquête sur plus de 200 000 jeunes : génération cocotte minute

Plus de 210 000 jeunes ont répondu au questionnaire en ligne organisé par France Télévision « Génération quoi ?». Ce nombre élevé de participants est des atouts majeurs de l’enquête et notamment celui des intérimaires : 8 000. Une première selon les auteurs. Une génération prête à exploser.

mardi, 25 février 2014 | Actualités
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La lettre .info

Cécile Van de Velde et Camille Peugny, sociologues, analysent dans le Monde du 25 février 2014, les premiers résultats. Leur attention porte sur les 18-25 ans qui constituent partie centrale des réponses.

Dans ses grandes lignes et à cette échelle, l’enquête confirme nos propres études et nos perception de terrain. Cohérences et contradictions s’entrechoquent et définissent une image de plus en plus fine de la jeunesse en 2014.

Si 30 % se disent optimistes pour leur avenir professionnel, ils le sont beaucoup moins pour leur génération et 51 % d’entre eux estiment que 20 ans n’est pas le plus bel âge de la vie. Ils sont connectés certes, mais désabusés désenchantés. Pour eux leur génération est sacrifiée.

Seuls 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents ; 45 % qu’elle sera pire. Et, fait nouveau, sont 43 % pensent que la vie de leurs enfants sera pire encore. Les jeunes femmes seraient plus pessimistes.

Ils remettent en cause le mythe d’une société méritocratique : 70 % estiment que la société ne leur donne pas les moyens de montrer, ce dont ils sont capables (53 % en 2006). Et 60 % des répondants jugent que leurs salaires ne sont pas à la hauteur de leurs qualifications.

Ils seraient, selon les auteurs, 77 % à estimer que la solidarité ne leur permettra pas de s’en sortir. Une réponse à nuancer, voire contradictoire face à l’image très positive de la famille et de la solidarité intergénérationnelle qu’ils affichent (27 % relations idéales, 53 % cool) et se sentent soutenus dans leur choix (91%). De même s’ils semblent rendre responsables les baby boomers de leur situation, qui ne veut pas leur faire de place, génération nantie, mais refusent qu’on touche à la retraite de leurs parents. Solidarité familiale oblige.

Génération souvent accusée de désengagement professionnel, les réponses démontrent que les jeunes accordent, dans la vie, à la valeur travail une grande importance et affirment (50 %) que le travail sert à s’épanouir, même s’ils sont soucieux de préserver vie professionnelle et personnelle.

Aujourd’hui, « les jeunes veulent travailler davantage, mais ont le sentiment insupportable que leur destin est entre les mains des autres, que leur sort dépend d’un coup de téléphone, ce qui interdit toute projection dans l’avenir » affirment les sociologues.

Leur approche de la vie politique pose une réelle question. Ainsi, ils sont 46 % à ne pas avoir confiance dans les hommes et femmes politiques et 40 % dans les médias. L’item des organisations syndicales semble ne pas figurer dans le déroulement du questionnaire en ligne. Choix ou oubli, c’est une lacune de taille

Pour cette génération, « les politiques laissent la finance diriger le monde (90 %) » Avec une « offre politique » ne correspond pas à leurs attentes, l’expression d’un altruisme supérieur à l’ensemble de la population (70 % pensent que l’immigration est une source d’enrichissement culturel), mais aussi une grosses minorité sensible aux positions xénophobes, tous les ingrédients seraient réunis dans « une cocotte minutes sans soupape ».

Source : Le Monde http://goo.gl/4ZwpWx