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Un an après : l'hommage et les exigences des syndicats français et européens

Un an jour pour jour après l'attentat contre Charlie Hebdo, les secrétaires généraux des syndicats (Philippe Martinez (CGT), Laurent Berger (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO), Luc Bérille (Unsa), Joseph Thouvenel (vice-président de la CFTC)) se sont  réunis jeudi 7 janvier autour de la Confédération européenne des syndicats (CES) pour rendre hommage aux victimes des attentats terroristes.

lundi, 11 janvier 2016 | Actualités
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La lettre .info

S'étaient joints à eux le secrétaire adjoint des délégations venant de Suède, Danemark, Belgique, Royaume-Uni, Espagne, Portugal, Italie, Turquie et de Tunisie. Les syndicalistes de Tunisie et de Turquie ont témoigné, aux côtés des secrétaires généraux des organisations françaises, de leur attachement aux droits fondamentaux. Ils ont exprimé leur ferme conviction que seule la cohésion et la solidarité étaient les moyens adéquats pour repousser le radicalisme. Ils ont déposé ensuite le texte de la déclaration de solidarité adoptée par le comité directeur de la CES du 19 novembre 2015 devant le monument sur la place de la République.


Les syndicalistes français et européens ont appelé le gouvernement à respecter "l'équilibre" entre les mesures de sécurité et les libertés et se sont opposés à une déchéance de la nationalité. "Pour lutter contre le terrorisme, il est nécessaire de donner plus de moyens aux forces de sécurité", a affirmé Philippe Martinez. Mais cela ne doit pas conduire à "ce qu'il y ait moins de libertés pour les citoyens et pour les organisations". "Le mouvement social doit pouvoir s'exprimer" et "c'est une réponse nécessaire face aux violences terroristes", selon lui.

"On est sur le fil du rasoir entre les mesures sécuritaires et la préservation des libertés démocratiques", a estimé Jean-Claude Mailly. "Si l'état d'urgence se prolonge, cela peut poser problème", a-t-il dit en réclamant "un débat démocratique" sur ces sujets.

Laurent Berger a appelé à "garder l'équilibre entre les libertés et la sécurité" et jugé nécessaire une "vigilance citoyenne".

"Faire de la restriction des libertés, dans une situation exceptionnelle, une règle, ce serait franchir un pas que nous ne sommes pas prêts à soutenir", a renchéri Luc Bérille.

Pour l'Italien Luca Visentini, secrétaire général de la CES, "la paix est le premier outil dont nous disposons dans la lutte contre le terrorisme". Il a réfuté tout "lien" entre l'afflux des réfugiés en Europe et le terrorisme. "Les réfugiés sont eux-mêmes victimes du terrorisme" et "il faut œuvrer pour les intégrer", selon lui.