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Les salariés de GM&S Industry vont demander des comptes à PSA et Renault

Soutenus par leur syndicat CGT, les salariés de GM&S Industry à La Souterraine (Creuse), sous-traitant de PSA et Renault notamment, envisagent de poursuivre en justice les constructeurs automobiles qu'ils jugent partiellement responsables de leur placement en redressement judiciaire.

mardi, 21 mars 2017 | Actualités
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La lettre .info

 Cette entreprise  spécialisée dans la métallurgie des poudres fabrique des pièces pour l'industrie automobile. C'est, avec un effectif de 238 salariés l'un des plus gros employeurs de la Creuse. L'entreprise a été placée en redressement judiciaire le 2 décembre et est sous observation jusqu'au 23 mai.

Le 17 mars, une audience du Tribunal de commerce de Poitiers a fixé au 18 avril la date limite du dépôt des offres de reprise. À ce jour, deux entreprises auraient manifesté leur intérêt pour l'usine creusoise.

Mais, insistent les salariés, « nous seront vigilants sur l'offre en question, qui sera de toute façon conditionnée aux engagements de commandes des constructeurs » clients de GM&S. Ces derniers « n'ont pas donné de gage de fiabilité », a dénoncé auprès Vincent Labrousse représentant CGT des salariés.

Pour l'avocat des salariés, les constructeurs automobiles « nous baladent depuis trois mois. » Au point que, affirme-t-il, « les mandataires judiciaires et moi-même n’excluons pas de les poursuivre pour leur responsabilité dans cette situation qui a hypothéqué l’avenir des salariés ». « Ils auraient pu réagir il y a deux mois déjà et limiter la casse. A la place, ce sont les collectivités et l’État qui ont dû se substituer à eux », accuse-t-il.

Selon maître Borie, le plan de reprise « accepté par le tribunal de commerce de Paris voici deux ou trois ans reposait notamment sur des promesses de volumes, commandes et chiffre d’affaires faites par Renault. Engagements qui n’ont pas été tenus. (…) Par ailleurs, nous avons la conviction que PSA s’est engagé à soutenir GM&S le temps de se ressourcer pour mieux la lâcher ensuite », après avoir réorienté ses chaînes de production vers d'autres fournisseurs, a-t-il insisté. 

« Le dossier est suffisamment solide pour faire valoir du côté de PSA une situation de co-employeur sinon de gestionnaire de fait. C'est une stratégie classique dans l'automobile de traiter une part vitale de son activité en externe pour se soustraire aux obligations d’un employeur, en se dotant ainsi d’une charge salariale variable à volonté », a dénoncé l'avocat.