Menu

Liberté de la presse en Russie

Lettre ouverte des journalistes CGT demandant à l'acteur Gérard Depardieu d'intervenir

lundi, 14 janvier 2013 | Actualités
Imprimer

La lettre .info

Alors que l'acteur se voyait remettre son passeport russe par le président russe, le syndicat national des journalistes CGT s'est ému des propos de Gérard Depardieu sur la "grande démocratie" que serait la Russie. Les journalistes CGT lui demandent par un courrier d'intervenir auprès de son ami, Vladimir Poutine, pour mettre fin aux multiples atteintes dont sont victimes les journalistes et les médias, dès lors qu'ils ne sont pas à la solde du président.

Voici le texte de cette lettre ouverte


Monsieur,

Après avoir reçu la citoyenneté russe par décision de Vladimir Poutine vous avez écrit dans une lettre du 3 janvier reproduite par la chaine de télévision Pervyi Kanal que la « Russie était une grande démocratie ». En ajoutant : « j'aime bien la presse, mais c'est aussi très ennuyeux, car il y a trop souvent une pensée unique. »

Sans doute avez-vous de meilleurs renseignements que nous sur la question.

En effet le SNJ-CGT, avec les syndicats de journalistes membres de la FEJ (Fédération européenne des journalistes), appellent depuis des années à des poursuites efficaces contre les meurtriers de leurs collègues russes qui, justement, luttaient pour une information libre, indépendante et pluraliste.

Comme vous êtes l'ami du président de cette grande démocratie le SNJ-CGT vous serait donc reconnaissant de bien vouloir intervenir auprès de lui pour savoir où en sont réellement les enquêtes sur les assassinats de journalistes. Plus de vingt confrères ont été tués en quelques années comme Igor Domnikov, Artiom Borovik, Iskandar Khatloni, Sergueï Novikov, Natalia Skryl, Magomedzagid Varisov, Kazbek Guekkiev, Khadjimourad Kamalov, Anna Politkovskaïa ou encore Natalia Estemirova.

Nous vous serions également reconnaissants de lui demander pourquoi les chaines de télévision sont entièrement à sa solde, pourquoi certains de nos confrères sont emprisonnés et pourquoi des sites d'information sont régulièrement importunés dès qu'ils rendent publiques des informations dérangeantes pour votre ami et son entourage.

Compte tenu de vos (excellentes) relations avec M. Poutine, nul doute que ce président, garant de la grande démocratie qu'il dirige, vous apportera les réponses que nous attendons depuis de nombreuses années et que vous ne manquerez pas de nous les transmettre avec diligence.

Nous vous prions de croire, Monsieur, en notre attachement à la démocratie.

Montreuil, le 5 janvier 2013