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Loi de 2008 sur le temps de travail

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Le texte adopté par les parlementaires sur la représentativité et le temps de travail est aussi injustifiable qu’il est archaïque au plan social. Il est aussi inepte du point de vue économique, car il fera baisser le coût du travail sans résoudre la question du pouvoir d’achat des salariés.

Ils travaillent plus, nous gagnons moins. « Ils », ce sont les députés et sénateurs qui enchaînent désormais les sessions pour épuiser l’ordre du jour présidentiel. Quitte d’ailleurs à passer en force, à se comporter comme des hussards avec les organisations syndicales, que le Président ne cesse pourtant de présenter comme des partenaires incontournables.

Le texte adopté par les parlementaires sur la représentativité et le temps de travail est aussi injustifiable qu’il est archaïque au plan social. Il est aussi inepte du point de vue économique, car il fera baisser le coût du travail sans résoudre la question du pouvoir d’achat des salariés.

Dans nos catégories de salariés qualifiés et en responsabilités, ingénieurs, techniciens et cadres, la question salariale est désormais passée au premier plan des préoccupations, accompagnée d’un rejet des mesures d’individualisation et des rémunérations variables. Les conflits se multiplient sur ces thèmes, selon les propres chiffres du ministère du Travail. N’en déplaise à Nicolas Sarkozy qui se vante de gouverner un pays sans grèves ! L’allongement de la durée du travail, dont nos catégories vont être les premières victimes, intervient sur fond d’accroissement de la souffrance au travail. L’augmentation et la banalisation à 235 jours au lieu de 218 de la durée annuelle du travail vont amplifier cette dégradation.

L’Ugict-CGT a fait les comptes et, en dépit des dénégations du ministre du Travail, nous affirmons que 235 jours de travail, cela nous conduit à cinq semaines de congés, plus les samedis et dimanches et le 1er Mai férié chômé. C’est donc la suppression de toute compensation par des jours de RTT ou de congés excédant les cinq semaines et de tous les autres jours fériés. Pire, le texte ouvre la porte aux patrons pour imposer 282 jours de travail après accord d’entreprise, c’est-à-dire quatre semaines de congés payés et 41 samedis travaillés dans l’année !

Il ne faudrait pas imaginer que seuls les cadres sont concernés par cette offensive. Car le forfait-jour est un cheval de Troie qui permettra à terme de déréguler le temps de travail pour tous. Ce texte adopté, que reste-t-il aux salariés et aux organisations syndicales ? La CGT et son Ugict ont déjà clairement annoncé qu’elles combattront le texte pour le rendre inapplicable dans les entreprises. Elles multiplieront les initiatives :
• dans les entreprises, par des mobilisations fortes et collectives chaque fois que des employeurs voudront porter atteinte au temps de travail, à son organisation et sa rémunération ;
• dans les branches et au plan national interprofessionnel, pour qu’un front uni des organisations syndicales empêche toute traduction de la loi dans des accords patronat-syndicats ;
• dans l’action juridique, pour faire casser tous les dispositifs de la loi contraires aux normes européennes et internationales, en termes de droit au repos, de droit à la santé et de limites au forfait-jour. La direction nationale de l’Ugict-CGT va proposer aux cadres, cet automne, une initiative pour donner suite aux pétitions. Elle souhaite que celle-ci soit la plus unitaire et convergente possible.

Publié le lundi, 28 juillet 2008 dans Actualités