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Menaces de pénurie en cas de fermeture du réacteur Osiris

Depuis le 23 juin, une grève se déroule sur le plateau de Saclay (Essonne) où les syndicats veulent défendre le réacteur Osiris qui dépend du Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA).

lundi, 21 juillet 2014 | Actualités
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La lettre .info

Mis en service en 1966, ce réacteur de recherche d'une puissance de 70 mégawatts est utilisé pour des usages industriels et médicaux. Il est l'un des neuf réacteurs dans le monde à produire du technétium 99m, un élément radioactif utilisé dans près de 80 % des examens de médecine nucléaire.


Cet isotope est indispensable pour la détection de nombreuses maladies : cancers du foie, de la thyroïde, infarctus du myocarde, maladie des os de verre... L'autorisation de fonctionnement d'Osiris, qui assure environ 10 % de la production mondiale, court jusqu'à fin 2015.

Problème : le réacteur Jules Horowitz de Cadarache, qui doit remplacer Osiris, a pris du retard et ne sera pas opérationnel avant 2018, voire 2019 ou 2020. De plus, deux autres réacteurs, au Canada et en Belgique, doivent également s'arrêter.

Conséquence : un risque de pénurie de technetium 99m « inquiétant pour la santé publique », a affirmé l'Académie de médecine. « L'inquiétude est de plus en plus forte », explique Marc Wojtowicz, responsable CGT sur le site de Saclay. « Si on ne peut plus produire cet outil, certains cancers ne pourront plus être détectés. »
« Les hôpitaux ne pourront pas être approvisionnés à temps, les médecins devront reporter des rendez-vous. Or on sait que pour détecter un cancer, il faut le faire le plus tôt possible», s'alarme-t-il.
« Ou alors, cela fera monter le prix des examens et des milliers de patients ne pourront plus les faire. C'est celui qui paiera le plus cher qui pourra en profiter », ajoute-t-il.