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Mobilisation des doctorants précaires à Paris 1 : la CGT obtient des avancées

A l'Université Paris1 Panthéon-Sorbonne, les doctorants précaires sont mobilisés depuis plusieurs mois autour de revendications simples : mensualisation, amélioration de leurs conditions de travail.

lundi, 20 juin 2016 | Actualités
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La lettre .info

En mai dernier, suite aux élections pour le renouvellement du Conseil d'administration, un nouveau Président soutenu notamment par l'intersyndicale des enseignants de la CGT et du SNESup a été élu.

Dans cette université, 40 % du volume horaire d'enseignement est assuré par des vacataires contractuels. Cette situation n'est pas exceptionnelle puisque c'est celle que connaissent les universités de sciences humaines et sociales dans leur grande majorité. Elle s'explique par les coupes budgétaires imposées à haute dose par les gouvernements successifs, notamment l'actuel gouvernement, dans l'enseignement supérieur public. Paupérisées en raison de l'austérité imposée par le ministère grâce aux réformes Pécresse-Fioraso, les universités n'ont souvent eu d'autre solution que de geler les postes de professeurs et de maitres de conférences devenus vacants par mutations ou départs à la retraite et de réduire le volume horaire des formations. A Paris 1 une coupe uniforme de 10 % du volume horaire des enseignements a été pratiquée.

Pour effectuer les enseignements affectés par les gels de postes, les titulaires ont été remplacés par des contractuels et précaires mal payés qui assurent désormais une part non négligeable des cours et des travaux dirigés. Parmi l'ensemble de ces non-titulaires, des professionnels (avocats, magistrats, consultants…) sont indispensables aux formations professionnalisantes et font le lien avec le monde du travail. D'autres, comme certains enseignants du secondaire, viennent arrondir leurs fins de mois par quelques heures de travaux dirigés à l'université. Mais il reste la grande masse des précaires de l'université et de la recherche, en particulier les doctorants non financés pour poursuivre leur thèse, et devenus un sous-prolétariat diplômé, corvéable à merci et payé à l'heure, le plus souvent avec un retard pouvant atteindre une année.

La CGT a toujours dénoncé cette réalité, mais comme les étudiants mobilisés contre la loi Travail, elle n’a obtenu pour seule réponse de l’ancienne présidence de l'université alors en exercice, que le mépris et la menace. Mais avec les élections pour le renouvellement du Conseil d'administration et à la grande surprise des mandarins qui se pensent propriétaires des institutions universitaires, et qui s'étaient déjà répartis les postes, un candidat soutenu par l'intersyndicale des enseignants de la CGT et du SNESup l'a emporté.

Pour premier acte, le nouveau Conseil d'administration a adopté le 31 mai plusieurs mesures inscrites dans le programme de l'intersyndicale, afin de lutter contre la précarité :
-    Engagement de mettre en place la mensualisation des enseignants précaires pour la rentrée 2017.
-    Création d'une commission des conditions précaires à l'université, visant à étudier et mieux connaître l'ensemble des formes de précarité au sein des personnels de Paris1, enseignants-chercheurs comme personnels administratifs, techniques et des bibliothèques afin non seulement de dresser un état des lieux des conditions précaires mais aussi de formuler des propositions pour améliorer la situation de ces personnels et résorber la précarité. Cette commission devra travailler avec l'observatoire de la précarité mis en place par les doctorants mobilisés.
-    Rétablissement de l'exonération des droits d'inscription des doctorants vacataires employés par Paris 1.

Par ailleurs, il a été décidé de compléter la charte des thèses signée par les professeurs qui encadrent des thèses et leurs doctorants (financés par l'universités ou non), afin de rappeler certaines règles éthiques et faire disparaître les comportements mandarinaux encore trop fréquents (p. ex. surveillances d'examens ou corrections de copies indues).

Suite à ces nouvelles avancées, les doctorants mobilisés ont cessé leur mouvement de rétention des notes. La CGT restera vigilante au respect et à la tenue des engagements pris, ainsi que sur les marges de progressions d’amélioration des conditions de travail encore importantes à conquérir.

Le syndicat FERC-sup CGT de Paris 1