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Perspectives internationales sur le défi de la dépendance

Perspectives internationales sur le défi de la dépendance

L’Association Européenne des Institutions Paritaires (AEIP) a organisé à Paris le 18 septembre dernier une présentation sur l'Évolution des systèmes de santé face aux défis des soins de longue durée
Cette présentation s’est faite dans le cadre d’une conférence internationale Europe – Japon – Amérique du nord sur ce sujet.

vendredi, 04 octobre 2013 | Actualités
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La lettre .info

En ouverture des débats, un assistant du ministère du travail américain, a présenté un exposé sur les défis du système de soins de santé aux Etats-Unis.

La couverture universelle pour les soins de santé aux USA doit être mise en place en octobre. Cette assurance tend à rendre les soins accessibles à tous car aujourd’hui tous les soins de longue durée sont privés (et donc payants) et les assurances sont liées à l’emploi.
L’impact de la nouvelle loi devrait entre autres permettre l’extension des soins de longue durée.
Ce problème est majeur pour l’administration américaine car l’augmentation de la demande de soin est exponentielle pour les années à venir et l’actualité récente a montré à quel point le sujet est sensible et le débat vif aux Etats-Unis sur ce dossier.

Une Première table ronde a été consacrée à comment faire face à la demande croissante en matière de santé et de soins longue durée ?

Plusieurs perspectives ont été présentées :

Perspective japonaise :
Des assurances nationales et d’entreprise protègent les japonais pour les soins et pour la dépendance. Depuis 1973, les soins pour les personnes de plus de 70 ans étaient gratuit mais la forte hausse du nombre de personnes dépendantes et des dépenses depuis 2000 ont obligé à trouver de nouveaux financements avec des cotisations.
Des études sont en cours pour de prochaines réformes dont la coordination des régimes de soins et de dépendances


Perspective européenne :
Les systèmes de financement public n’assurent pas tout en Europe.
Il y a un manque d’investissement dans les politiques de santé et une grande diversité selon les Etats. Des études montrent que les besoins en matière de dépendance vont doubler d’ici 2060 ce qui implique d’anticiper cette situation sans négliger le volet de la prévention de la dépendance.
Bien entendu, la présentation faite par un représentant de la DG Affaires économiques et financières de l’UE a insisté sur la nécessité des réformes structurelles des régimes de santé si l’on ne veut pas creuser la dette publique

Perspective de l’OCDE : 

Il y a une forte pression sur les systèmes de santé, les projections démographiques sont inquiétantes car plus on vieillit plus on risque d’être dépendant. Le doublement de la population de plus de 80 ans d’ici à 2050 va amener une demande accrue de demande de soins. Il faudra doubler le nombre de salariés dans ces secteurs tout en tenant compte de la conjoncture économique. Comment financer les soins de longue durée ? En Europe 2 ou 3 personnes sur 5 seront confrontées au problème et les coûts de santé pourraient tripler.
Il faut définir des seuils de prestation, les cibler, partager les coûts en fonction des revenus, élargir les sources de financements, améliorer les coordinations entre soins et dépendance…

Une seconde table ronde s’est attachée à proposer des solutions pour améliorer l’efficience. Des intervenants ont présenté des expériences en matière de coordination des services sociaux et de santé, d’intégration des nouvelles technologies dans le système de santé et de soins de longue durée et de prévention.

Finlande :
Le système de santé repose sur la fiscalité nationale puis les soins sont organisés par les communes. En Carélie, les soins sont proposés en lien avec les services sociaux ;  cette stratégie permet le partage du personnel et une meilleure coordination. Les prestations reposent sur les besoins du patient, c’est un processus citoyen dans lequel on fait également la promotion de la prévention en privilégiant les soins à domicile.

Royaume-Uni :
On réalise des actions de formation des personnels d'aide de soins de santé, financées par le ministère de la santé car on prévoit une forte augmentation dans les années à venir du nombre d’employés dans les secteurs sociaux.
On travaille aussi au RU sur l’écoute des patients dans une démarche prévention

France :
On peut citer l’expérience d’inter-Mutuelle assistance qui intègre la santé et le social. Cette expérience s’appuie sur une démarche de prévention afin s’assurer le quotidien quand on devient dépendant et des services d’accompagnement à la personne : télé assistance, guichet unique.
Le triptyque : médical – habitat – social est crucial afin d’être en sécurité à la maison.

Ecosse :
Projet de télé-santé et de télé-soins
La technologie est un moyen, un outil pour améliorer les services mais elle ne se suffit pas à elle-même. On améliore le réseau avec le plan technologique, par exemple en accélérant les processus de prise en charge.
On peut citer l’exemple de kiné à domicile avec une Wii qui améliore de 10% l’état général du patient.
Par ailleurs, on essaie de garder les gens le plus possible à domicile. Le projet vise également à encourager les patients à prendre soin d’eux même. Les aidants familiaux participent activement à la qualité  de vie, le suivi quotidien est primordial ainsi que l’aide de proximité.

Projet européen de télé médecine : 

prendre en compte le milieu rural où le manque de praticien est problématique.
Les patients dans les maisons de retraite sont suivis par un technicien qui filme la cavité buccale, le dentiste ne se déplace que si la vidéo montre un diagnostic négatif.
Cette vidéo surveillance pourrait également être utilisée en médecine du travail ou à l’école.

France : 

Expérience de Orange Healthcare, projet d’aide au déploiement des nouvelles technologies pour améliorer l’accès aux soins, fourniture de cloud santé pour les laboratoires ou les hôpitaux, imagerie médicale, télé médecine.

Japon :

Depuis 2008, des campagne de prévention pour des bilans de santé et pour améliorer les habitudes de vie sont organisées
La prévention permet d’éviter des pathologies, le dépistage précoce est également la clé d’une meilleure santé. Les assurances santé sont chargées de mettre en œuvre les bilans et conseils à partir de 40 ans. Les employeurs également organisent des checkup périodiques pour les salariés et encouragent les modes de vie plus sains, de faire de l’exercice, se relaxer, d’avoir des menus équilibrés. Les répercussions sont positives pour la santé.

A l’issue de cette conférence ….

Cette conférence a permis d’insister sur la dimension mondiale du défi de la dépendance face au vieillissement de la population. Même si on retrouve de grands axes communs comme la nécessaire prévention, chaque pays y apporte une réponse qui dépend de son modèle social, de sa culture, de ses choix économiques et politiques.
En France, des réflexions sont en cours sur la prise en charge de la dépendance et sur son mode de financement. Comme organisation syndicale, nous restons attentifs à cette question et nous devons veiller à ce qu’elle soit traitée non pas dans une pure logique économique mais dans un esprit de solidarité
C’est aussi un enjeu en matière d’emploi, d’emploi qualifié.
Les différentes expériences évoquées lors de cette conférence mettent en avant la nécessité d’une prise en charge par un personnel qualifié, à la fois dans des domaines techniques et en sciences humaines.
La reconnaissance des qualifications dans ce secteur est et sera dans les années à venir un enjeu syndical.