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Premier semestre 2013 : stagnation des salaires des cadres

Le onzième « baromètre Expectra », filiale de Randstadt, réalisé auprès de 74 000 cadres révèle que, sur les 6 premiers mois de 2013, les salaires ont progressé en moyenne de 0,5 %.

mardi, 03 septembre 2013 | Actualités
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La lettre .info

Il serait donc imprudent de conclure à un frémissement de la conjoncture économique et d’avancer que : « quelque chose se passe dans l’économie ». Les progressions constatées en 2011 et 2012 : + 2,4% et +2,9 % marquent ainsi largement le pas sur le premier semestre 2013. Mais comme toutes les moyennes, elles masquent les réalités. Si le Figaro et les Echos relèvent que l’informatique-télécom « est la grande gagnante » (+1,8 %), ils ne disent pas que le salaire d’embauche, en 2013, d’un jeune ingénieur informatique-sécurité atteint vaillamment les 30 000 euros par an, soit 7 000 euros en dessous du plafond de la Sécurité sociale (37 032 euros). L’enquête affirme sur ce même poste une augmentation de salaire de 6,1 %. Quelles conclusions en tirer ?


En premier lieu, l’augmentation de salaire s’impose à l’employeur devant l’urgence d’une demande spécifique, ce qui fait dire à Didier Gaillard, directeur général du cabinet Expectra : « …la recherche de rationalisation des systèmes d’information profite aux qualifications dont le rôle est justement d’accompagner l’évolution des infrastructures ». Donc la qualification doit être reconnue à son juste salaire, ce que revendique l’Ugict. Convergence d’analyse ? Pas sûr car l’employeur réagit aux opportunités du marché.


En second lieu on peut légitimement s’interroger sur le futur niveau de salaire du jeune embauché, une fois le senior évacué par une rupture conventionnelle.
Autre remarque. Toujours selon le baromètre Expectra, ce même ingénieur informatique sécurité, qui a vu son salaire augmenter de 6,1 %, atteint 37 320 euros en salaire médian (soit en nombre 50 % en dessous et 50 % au dessus). Ce qui signifie une rémunération annuelle de 35 000 euros avant augmentation…Deux mille euros sous le plafond de la SS.


Dans ce « palmarès » les grands perdants sont les fonctions RH et juridiques (-9 % de demandes de recrutement sur un an) ainsi que la R&D avec une baisse de 13 % des embauches sur un an, mais aussi une stagnation des salaires.


La stagnation du salaire des cadres, leur embauche à des rémunérations en dessous du plafond de la sécurité sociale, le ralentissement des embauches dans des secteurs clefs de la recherche ne peuvent que peser sur la sortie de crise, sur le montant des cotisations sociales et mettre en danger le système de retraite par répartition.
La reconnaissance des qualifications s’affirme plus que jamais comme un « booster » social et économique !


Sources : Le Figaro du 20/9/2013, Les Echos du 3/9/2013