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Les prud'hommes ne peuvent banaliser l'homophobie

C'est un jugement surréaliste qu'a rendu le conseil des prud'hommes de Paris dans l'affaire opposant un coiffeur licencié par son employeur qui l'avait qualifié de « PD » dans un sms malencontreusement envoyé à la mauvaise personne avant de le licencier.

lundi, 11 avril 2016 | Actualités

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Que les juges n'aient pas voulu reconnaître le caractère discriminatoire du licenciement est une chose, mais qu'ils aient cru bon d'assortir leur motivation en affirmant « le terme de PD employé par le manager ne peut être retenu comme propos homophobe car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles, notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela ne pose de problèmes » est un blanc-seing à toutes les dérives. Il est évident que le terme « PD » est un terme et une injure homophobe vexatoire envers les personnes homosexuelles.

« Ce jugement est d’autant plus déroutant que la collégialité reste le meilleur rempart contre la partialité », s'étonne la CGT dans un communiqué dans lequel elle note que « les insultes homophobes sont bien trop souvent banalisées. Les discriminations dans le milieu professionnel, en l’occurrence celles liées à l’orientation sexuelle, sont très fréquentes aussi. Malgré une évolution législative en la matière, les personnes LGBT sont pénalisées et à l’embauche, dans leur déroulé de carrière, au niveau des rémunérations…

Des statistiques confirment cet état de faits. Cette stigmatisation est intolérable », proteste la confédération. La décision scandalise la ministre du Travail et les associations de lutte contre l'homophobie qui l'ont largement relayée sur les réseaux sociaux. Elles s'inquiètent d'une décision qui "peut contribuer à renforcer le climat homophobe".

La lettre .info

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