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Réformes des retraites en France et conséquences sur les cadres

Réformes des retraites en France et conséquences sur les cadres

L’enjeu majeur de la réforme des retraites est celle du financement. Les projections actuelles du Conseil d’Orientation des Retraites prévoient à paramètres constants une forte dégradation du niveau des pensions sur une période qui commencera dès 2020 pour toutes les générations qui partiront en retraite jusqu’en 2070.

mercredi, 28 novembre 2018 | Actualités
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La lettre .info

Concrètement, sans augmentation des sources de financement, les pensions baisseront durablement de 20 à 30 %. Pour rappel, en 2016, le montant moyen des pensions, après prélèvements sociaux, s’élevait à 1 294 € nets (hors impacts de l’augmentation de la CSG intervenue en 2017).

Des nouvelles ressources sont donc nécessaires pour financer le système des retraites. Or, la réforme annoncée vise à maintenir la part relative des retraites dans le PIB à 14 % alors que la population.

Selon les projections démographiques de l’INSEE, le nombre de personnes de plus de 65 ans va progresser au moins jusqu’en 2040 à 25 % de la population totale contre 18 % en 2013, soit une augmentation de 30 %.

Le maintien à 14 % de la part des retraites dans le PIB sachant que la proportion du nombre de retraité va augmenter de 30 % fera mécaniquement chuté le montant des pensions des générations de retraités à venir.

Conséquences majeures sur les cadres

Selon les principes définis par le Haut-Commissaire à la Réforme des Retraites, le système actuel par annuités et cotisations définies sera remplacé par un système à points en compte notionnels. Un plafonnement du futur régime universel est également prévu à 9 333 € bruts de rémunération mensuelle. L’objectif affiché est de maintenir le taux actuel de 14 % que représente le financement des retraites dans le PIB. Ces principes auront trois conséquences majeures pour les cadres :

Un changement de la base de calcul des retraites défavorable aux cadres

Le montant des pensions sera calculé sur l’ensemble de la carrière, sur les 43 annuités cotisées, au lieu des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public. Ceci pénalisera directement les cadres qui ont une progression de carrière et donc de leur niveau de rémunération, au contraire des non cadres qui ont une courbe de rémunération relativement plate.

Pour les femmes cadres : la double peine

Les femmes sont payées en moyenne 26 % de moins que les hommes et touchent une pension 40 % plus faible. Ces inégalités sont en partie compensées par les droits familiaux, avec la validation des congés maternité et parental et les pensions de réversion en cas de décès du conjoint. Ces droits ont pour objectif de maintenir le niveau de vie, ils sont donc accessibles à toutes les femmes quel que soit leur niveau de salaire, et leur montant est proportionnel au salaire. Le gouvernement veut les remplacer par un filet de sécurité minimum, limité aux femmes dont les carrières sont les plus précaires et dont les critères d’attribution restent à déterminés.

Inciter les cadres à recourir à la retraite par capitalisation

La volonté de baisser le niveau des pensions, et celles des ingénieurs, cadres et techniciens en particulier, vise à généraliser les retraites par capitalisation comme complément de retraites. Cette incitation sera encore plus forte pour les cadres supérieurs qui ne pourront plus cotiser dans le système commun (ni percevoir de pension) au-delà de 9 933 € de rémunération brute mensuelles contre 26 488 € aujourd’hui. Pourtant, les expériences étrangères et la crise financière ont montré à quel point les retraites par capitalisation sont risquées et peuvent s’évaporer en cas d’effondrement boursier (explosion de la bulle internet en 2001, crise des subprimes de 2008..).  Ajoutons qu’elles contribuent à la financiarisation de l’économie, détruisent de l’emploi par des stratégies de court terme et alimentent la spéculation au détriment de nos entreprises.