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Renault : les ingénieurs et cadres sortent la calculette face au salaire de Carlos Ghosn

Un texte d'appel à la grève pour le 8 octobre 2015 chez Renault, pour les salaires et l'emploi

mercredi, 07 octobre 2015 | Actualités
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La lettre .info

Une journée de mobilisation interprofessionnelle est prévue ce jeudi 8 octobre pour protester contre les mesures d’austérité, la destruction des quelques lois encore favorables aux salariés et pour réclamer des augmentations de salaires et des emplois stables. Car les attaques gouvernementales contre les prud’hommes, contre le code du travail et le droit syndical, effectives ou en préparation, sont soufflées par le patronat.
C’est dans ce contexte que la parution dans la presse de la rémunération de Carlos Ghosn pour l’année 2014 fait légitimement réagir de nombreux salariés sur le site.

Les raisons de la colère sont donc nombreuses, que l’on travaille chez Renault, dans les sociétés de sous-traitance ou dans d’autres secteurs de l’économie. Alors, il faut se saisir de toutes les occasions d’affirmer une hostilité aux reculs que veulent imposer patronat et gouvernement. 

Les 15,2 millions d’euros de rémunérations de Carlos Ghosn chez Renault-Nissan en 2014 ne sont finalement que la partie émergée de l’iceberg des milliards d’euros provenant des fruits du travail et qui sont détournés par le patronat au profit des actionnaires. Les résultats financiers de Renault de 2014 ou de la mi-année 2015 en sont un exemple. Avec une marge opérationnelle de 4.8%, Renault est proche, mi-2015, de l’objectif fixé pour 2016 et 2017. Preuve qu’à coups de suppressions d’emplois (7500 emplois en moins, c’est l’objectif de l’accord de « compétitivité »), de gel des salaires, de précarisation (par l’intérim dans les usines et par la sous-traitance dans les centres techniques), la direction dégage un taux de profit conforme aux exigences des actionnaires mais destructeur pour les salariés.

Les 15,2 millions de Carlos Ghosn font sortir les calculettes
À l’annonce par le cabinet Proxinvest des rémunérations de C. Ghosn, la CGT a calculé qu’en 1 an, Ghosn gagnait 3 siècles du salaire brut d’un technicien. Cela a donné des idées à de nombreux salariés. Certains ont ainsi calculé qu’il fallait 1 mois et demi de « travail » à Ghosn pour gagner autant qu’un ingénieur de Renault durant toute sa vie ! D’autres salariés ont calculé qu’il gagnait 65 000 euros par... journée travaillée, soit 5 400 euros de l’heure (avec une hypothèse de 12 heures de travail). Il n’y a pas à dire, c’est vraiment «la modération salariale de tous les côtés » !

 

Les conséquences de l’accord de compétitivité sont subies au quotidien dans le travail.

L’accord de « compétitivité » porte en son sein les causes de ce qui rend le travail de plus en plus difficile à supporter :

  • Les 2500 départs dans l’ingénierie ne sont compensés que par 500 embauches et par ce que l’accord appelle pompeusement « le renforcement d’une filière automobile française robuste et à la compétence renforcée au moyen de partenariats de long terme (équipementiers, fournisseurs d’ingénierie) ». Malgré les enjolivures, vous avez tous reconnu ce que l’on vit au quotidien : la mise en sous-traitance d’activités jusqu’alors effectuées par des Renault ; la précarité des sous-traitants, toujours sous la menace d’une fin de mission ; la désorganisation ; l’absence de formation et la perte des métiers et des compétences.
  • La « modération salariale » dont Carlos Ghosn avait dit qu’elle devait être « de tous les côtés ». Une provocation de sa part quand on découvre que ses rémunérations 2014 augmentent de 56% par rapport à 2013, que les dividendes versés aux actionnaires continuent de grimper (340 millions € versés en 2012, 510 millions en 2013 et 2014, 560 millions en 2015).
  • L’augmentation du temps de travail dans les usines par la suppression de RTT (ainsi que la suppression des jours de CEF des cadres sans baisse du nombre de jours travaillés). Avec la hausse des cadences dans les usines et la hausse de la charge de travail dans les centres techniques avec les départs non remplacés, cela dégrade les conditions de travail de tous les salariés.

C’est au quotidien que les salariés payent les pots cassés de la course au profit. En fait de « compétitivité », c’est bien la répartition entre les salariés et les actionnaires des richesses créées qui est la question fondamentale. Les attaques du patronat, chez Renault ou ailleurs, et du gouvernement (lois Macron, Rebsamen,...) se combinent pour accroître toujours plus la part allouée aux actionnaires.

Pour de véritables augmentations générales de salaire !

Pour les salaires, les conditions de travail et la dignité, il est temps de réagir ! Les mobilisations « salaires » à venir seront déterminantes : les 3 années de « modération salariale » promises par l’accord de compétitivité ont jusqu’alors pesé sur ces luttes ; ces 3 années sont terminées, il faut maintenant y aller tous ensemble pour de vraies augmentations générales de salaires pour toutes les catégories. Il est hors de question de subir un nouvel accord de compétitivité.

D’ores et déjà, la manifestation nationale interprofessionnelle du 8 octobre offre l'occasion d'exprimer un ras-le-bol et de montrer que le monde du travail relève la tête. Cette journée d’action, à l’appel de la CGT, de FO, de Solidaires, de la FSU et de syndicats étudiants et lycéens, met en avant des revendications d’augmentations de salaires.

La CGT-Lardy a décidé d’appeler à la grève le jeudi 8 octobre et organise un départ collectif pour se rendre à la manifestation parisienne. Faire grève ce jour-là, c’est donner un premier avertissement à la direction et c’est surtout un moyen de commencer à construire un mouvement qui devra être d’ampleur pour obtenir de réelles augmentations générales de salaire.