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Rencontre avec le syndicat Zenroren sur la situation à Fukushima

Zenroren

Mardi 12 novembre dans le cadre d’une initiative de la confédération, l’Ugict-Cgt a rencontré à Paris des représentants du syndicat japonais Zenroren :

•    Fuse Keisuke Directeur du bureau international de Zenroren
•    Ayano Kuniyoshi membre de la direction de Zenroren
•    Shigeo Nogi secrétaire général de la fédération Zenroren de Fukushima.

Ce dernier nous a fait un exposé présentant la situation suite à
l’accident qui a eu lieu en mars 2011 à la centrale nucléaire de Tepco Fukushima Daii-chi.

vendredi, 22 novembre 2013 | Actualités
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La lettre .info

La réalité n’est pas celle annoncée par les autorités politiques.
Pour Zenroren,  l’accident n’est pas terminé. Personne n’approche des réacteurs (pas même des robots) compte tenu du haut niveau de radioactivité, donc on ne connaît pas la situation réelle. Une grande quantité d’eau souterraine coule en dessous de la centrale, est contaminée et se déverse dans l’océan. Les réservoirs prévus pour la stocker ne sont pas suffisants et Tepco et le gouvernement ne trouvent pas de solution.
Il faudrait d’urgence procéder au démantèlement des réacteurs nucléaires et contrôler l’écoulement des eaux contaminées.

Par ailleurs, la vie quotidienne n’est pas revenue à la normale à Fukushima. 140 000 personnes ont été déplacées et beaucoup vivent encore dans des abris ou appartements provisoires.
Les zones d’évacuation ont été réorganisées, certaines sont accessibles simplement durant la journée, d’autres encore interdites. Les personnes sont privées de maisons et d’emplois. Les communautés locales ont été détruites et les gouvernements locaux constatent des situations difficiles.
Les familles sont souvent séparées et elles n’ont pas d’espoir dans l’avenir.
Il y a eu depuis l’accident plus de 3000 morts. Les nombreuses zones contaminées par une radiation élevée mettent en danger la population dans sa vie quotidienne (sécurité de l’alimentation par exemple).
Depuis le début, la fédération Zenroren est fortement engagée dans le soutien aux personnes déplacées.


La population demande à Tepco et au gouvernement de résoudre le problème de l’eau, de décontaminer la zone et de démanteler tous les réacteurs nucléaires.
Elle exige que Fukushima redevienne un endroit où vivre en sécurité.
Zenroren organise avec eux des manifestations, des rassemblements et des pétitions.

Le travail sur la zone pour les salariés travaillant sur le lieu de l’accident est difficile. Zenroren essaie également au maximum de les aider.

Shigeo Nogi conclut en souhaitant que personne d’autre dans le monde ne connaisse un tel accident aux conséquences si dramatiques. Aujourd’hui, la situation reste donc inquiétante pour tout le Japon.

D’un point de vue spécifique ICT, cette rencontre a été riche d’informations.
Sur le site de Fukushima, Tepco pratique la sous-traitance en cascade, y compris pour les emplois qualifiés ce qui fragmente les responsabilités et rend plus difficile une action syndicale.
Au sein de Tepco, la syndicalisation du management est quasi inexistante, les ingénieurs sont condamnés au silence s’ils veulent garder leur emploi.
En outre, les dirigeants refusent toute aide extérieure quitte à maintenir une situation dangereuse.

Cette rencontre nous a permis d’évoquer avec nos camarades japonais la revendication de l’Ugict pour un droit de refus et d’alternative, droit individuel garanti collectivement pour permettre aux cadres d’exercer pleinement leur responsabilités sociales sans risques de représailles.

Les japonais ont chaleureusement remercié la Cgt pour son soutien et sa solidarité avec eux.