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La CGT de SANOFI dénonce les détournements financiers de l'industrie pharmaceutique

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Communiqué de presse de la Coordination des syndicats CGT de SANOFI  du 3 mai 2016
Pour une politique industrielle au service du pays et des populations
Halte aux détournements financiers

De 2008 à 2016 : Près de 30 milliards € de dividendes versés aux actionnaires.
De 2008 à mars 2016 : Plus de 10 milliards € dilapidés en rachat / annulation d’actions.

Au bénéfice de qui ? Des actionnaires majoritaires comme Mme Bettencourt !
Comment est-ce possible ? :
Par la détermination d’une stratégie entièrement tournée vers la satisfaction de cet objectif avec des dirigeants touchant des sommes astronomiques s’ils remplissent les exigences financières des actionnaires : résultat plus de 16 millions € pour O. Brandicourt en 2015 !
La finalité pour les dirigeants de sanofi et toutes les multinationales de la pharma n’est pas la santé. La santé c’est le moyen, c’est le marché, la finalité c’est la rentabilité maximale ! Les propos du directeur général sont éclairants : nous ne pouvons pas être absents du marché de l’immuno-oncologie.

Cette stratégie est destructrice : Pour financer les rachats d’action et payer les dividendes, les plans d’économie se multiplient, les investissements sont amputés, des milliers d’emplois sont supprimés, des sites sont vendus ou fermés et des activités essentielles sont cédées !
La CGT revendique l’interdiction des rachats d’action et la limitation des dividendes !

Cette stratégie financière se fait au détriment :
Des investissements internes :
- Le manque d’investissement interne dans l’industriel a des impacts très négatifs avec par exemple des problèmes de production dans certains vaccins ! 

- IDEM en R&D où des sommes gigantesques sont dépensées en contrat de toute sorte ou dans le rachat de Medivation. Quel gâchis de voir sanofi racheter à prix d’or cette entreprise sachant que la direction d’Aventis avait arrêté début 2000 toutes les recherches en onco-endocrinologie.


De l’emploi : 

- De 2008 à fin 2015 en France, 4700 emplois en CDI ont été supprimés ; la perspective entrevue d’un retour à une politique d’embauche en 2015 a été balayée par l’annonce d’un plan de restructuration qui va conduire à la disparition d’un millier d’emplois supplémentaires.

D’une stratégie industrielle et sanitaire cohérente :
- La vente de Merial en est un triste exemple à l’heure où dans le monde se multiplient les cas de maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Cette activité de haut potentiel scientifique et industriel en France, très rentable est cédée à Boehringer en contrepartie de leur activité de santé grand public, qui ne présente aucune innovation ni industrielle ni sanitaire et pour financer des rachats d’action. Les travaux de recherche communs qui commençaient à voir le jour seront anéantis.

De la sécurité sociale:

- Les 4700 emplois CDI en moins : ce sont 100 millions € de cotisation annuelle en moins pour les 3
caisses de la sécurité sociale.

De l’intérêt général :
- Pourquoi devrions-nous accepter une perte significative de revenus pour notre pays du fait de l’installation de la trésorerie européenne de sanofi en Belgique ? L’optimisation fiscale qu’elle soit légale ou pas est inacceptable ? 

- Pourquoi devrions-nous accepter que Sanofi perçoive plus de 150 millions de crédit d’impôt payés par toute la population, sans aucun engagement en retour ?
- Pourquoi faudrait-il payer certains traitements (de sanofi et d’autres labos) à prix d’or, imposés par cette logique financière, qui n’ont rien à voir avec le coût réel ?


Pour les dirigeants de Sanofi, comme pour le MEDEF : Jamais assez d’allègements ! Jamais assez de subventions ! Mais toujours trop d’impôts et toujours trop d’emplois !

Sanofi c’est un réseau de compétences, une chaîne de professionnels, d’ingénieurs, cadres, techniciens, administratifs, ouvriers, des activités complémentaires, de recherches, production, diffusion, promotion.

La finalité du tout pour l’actionnaire conduit à une profonde fragilisation de l’entreprise, en termes sanitaire, industriel et social. 
Cette fragilisation de l’entreprise s’accompagne de graves conséquences sociales pour notre pays.

Le MEDEF ça ose tout : ça ose encaisser les subventions et aligner les plans « sociaux ». Ca ose toucher les CICE et le CIR et se réfugier dans les paradis fiscaux. Ca ose remettre en cause l’organisation internationale du travail, qui se bat pour un statut et des conditions de travail respectables.



STOP !!!

Soucieux du devenir de notre industrie de santé, à l’occasion de l’assemblée des actionnaires de Sanofi, nous dénonçons un véritable détournement financier de l’argent généré par notre travail et une véritable destruction de compétences, de sites, de région, de potentiel nécessaires à la santé.

Nous demandons à la presse en transmettant ce communiqué de permettre une information porteuse de choix industriels non destructeur de savoir-faire et d’emplois !

Publié le mercredi, 04 mai 2016 dans Actualités