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3 syndicats dénoncent la précarité dans l'enseignement supérieur

Agenda social : 3 syndicats quittent la réunion sur les contractuels. Le Snesup dénonce un "monologue" sur les carrières

lundi, 25 avril 2016 | Actualités
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La lettre .info

"En l’état actuel des propositions du ministère, où rien n’est proposé pour réduire la précarité dans les organismes, nos organisations ne voient pas l’intérêt de continuer de participer à cette réunion", déclarent le SNTRS-CGT, SUD-Recherche EPST et le SNCS-FSU avant de quitter la salle où s’est tenue, le 20 avril 2016, une réunion sur le suivi des contractuels dans le cadre de l’agenda social de l’ESR.

Dans un communiqué diffusé le 21 avril, ces trois syndicats demandent au MENESR "une séance de travail spécifique dédiée à l’emploi précaire dans les EPST". De son côté, en rendant compte d’une autre réunion de l’agenda social tenue le 13 avril sur les "missions et perspectives de carrières", le Snesup-FSU dénonce le "monologue social" du ministère, qui continue de proposer "plusieurs projets décriés", dont la "suppression de la limite d’âge de recrutement à 31 ans" pour les chercheurs.

Les trois syndicats SNTRS-CGT, SUD-Recherche EPST et SNCS-FSU ont décidé de quitter une réunion consacrée au suivi des contractuels, le 20 avril 2016, dans le cadre de l’agenda social proposé par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

"RIEN CONCERNANT LES PRÉCAIRES DES ORGANISMES"

Les motifs de leur mécontentement, rappelés dans une déclaration qu’ils ont lue avant de partir, sont les suivants :

- l’absence d’un bilan de l’application de la loi Sauvadet dans les EPST ;

- le texte présenté par le ministère ne contient "rien" sur les "précaires" des organismes ;

- la présence de l’IGAENR à la réunion est une "provocation", alors qu’elle a publié "un rapport qui ne trouve pas mieux que de proposer la disparition du corps des chercheurs dans celui des enseignants-chercheurs", ce qui "implique la disparition des organismes de recherche" (voir encadré) ;

- "l’intention" prêtée au ministère de "continuer d’exclure toute ouverture d’EPR (examens professionnels réservés) dans les corps de niveau A+ (chercheurs et ingénieurs de recherche), de réduire le nombre d’EPR ouverts au tiers des éligibles et de refuser de prendre en charge le surcoût du CAS pensions comme il l’a fait jusqu’à présent pour les organismes de recherche".


Les trois syndicats demandent "une séance de travail spécifique dédiée à l’emploi précaire dans les EPST, avec des réponses précises à ces questions et de véritables propositions pour résorber durablement la précarité".

 

SNESUP : Recruter au plus près de la thèse

Le Snesup-FSU dénonce pour sa part le "monologue social" du ministère, à propos d’un autre chantier de l’agenda social, celui des "missions et perspectives de carrières", dont la dernière réunion s’est tenue le 13 avril. Les griefs du syndicat, détaillés dans un communiqué du 21 avril, portent sur les points suivants :

Recrutement des chercheurs. "Le ministère n’a pas tenu compte des réserves évoquées lors des premières réunions et a renouvelé plusieurs projets décriés", dont "la suppression de la limite d’âge de recrutement à 31 ans" alors que "la FSU défend au contraire un recrutement au plus près de la thèse". De même, le Snesup "s’oppose à toute suppression des jurys nationaux au profit de jurys locaux (qui plus est composés à 50 % de membres nommés)".

Formation des futurs enseignants-chercheurs. Le Snesup estime qu’il n’est "pas acceptable d’envisager une formation lourde au cours de la préparation du doctorat", mais que "celle-ci devrait être proposée durant les premières années post-recrutement et donc donner lieu à des décharges de service". Par ailleurs, le syndicat s’oppose à la "possibilité pour des DR (directeurs de recherche) émérites de reprendre la direction de doctorats".

Grilles indiciaires. La négociation en vue d’une revalorisation de ces grilles pour les chercheurs et enseignants-chercheurs est "de nouveau repoussée au second semestre sans aucun début de proposition", déplore le Snesup.

Tâches administratives. Le syndicat défend que ces tâches "devraient être assurées par des personnels Biatss qualifiés et ne devraient pas relever des missions des enseignants ou des enseignants-chercheurs", alors que le ministère maintient une "lecture extensive de l’article d’application du référentiel des tâches des enseignants-chercheurs aux PRAG et PRCE du supérieur".

 

"Attaque frontale contre le statut des chercheurs"

Dans un rapport publié le 21 mars sur "le recrutement, le déroulement de carrière et la formation des enseignants-chercheurs", l’IGAENR propose "d’étudier l’hypothèse d’une fusion des corps d’enseignants-chercheurs et de chercheurs ou a minima d’un rapprochement de ces corps, dans le cadre d’une réflexion d’ensemble sur leurs missions et leurs obligations de service" .
"Une attaque frontale et provocatrice contre le statut des chercheurs", s’insurge le SNTRS-CGT.

source "AEF, Paris, le 22/04/2016 10:41:00 Dépêche n°536990"