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Soutien aux exportations : "ne pas gaspiller l'argent public"

La Coface (Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur) est menacée et ses organisations syndicales se mobilisent pour défendre les emplois et le service rendu à l’économie réelle.

lundi, 27 avril 2015 | Actualités
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La lettre .info

Communiqué intersyndical COFACE (CFDT, CFC CGC, CGT, FO),
en date du 30 mars 
publié dans l'hebdo syndical de la CGT Banques & Assurances
 http://fspba.cgt.fr/

Le 23 février, les Ministres de l’Economie et des Finances ont fait savoir qu’une réflexion était engagée au niveau de l’Etat, sur l’opportunité de transférer la gestion des garanties publiques de Coface à Bpifrance.

Coface, Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur, créée par la loi de 1946, est un outil essentiel pour l’économie française et le bras armé de l’Etat pour le développement des exportations, notamment lors des dernières crises financières.

Sa mission est de soutenir les sociétés françaises à l’export et de faciliter les échanges interentreprises. Grâce aux synergies et aux compétences techniques et juridiques de son personnel, la gestion par Coface des garanties, tant publiques que pour son compte propre sous la même entité, constitue un levier majeur du développement des exportations françaises.

Le transfert à un tiers des activités du compte Etat aboutirait à fragiliser les sociétés exportatrices.

Bpifrance (établissement public à caractère industriel et commercial) de création récente, exerce une mission de service public auprès des sociétés françaises innovantes et conserve une large autonomie dans le financement des PME, et de fait elle agit comme une banque de place, intervenant essentiellement sur le marché domestique.

L’activité d’assurance-crédit exercée pour le compte de l’État depuis bientôt 70 ans, complémentaire du financement bancaire, relève du domaine de l’assurance et de ses contraintes légales ; cette séparation entre banque et assurance-crédit a donc été organisée par le législateur qui avait créé distinctement le Coface et la BFCE (Banque Française pour le Commerce Extérieur)

Depuis sa création, Coface a su s’adapter aux changements et innover. Pourquoi, aujourd’hui, la réapparition d’un tel projet de la part des Pouvoirs Publics quant au rôle de la Coface, alors que ce ceux-ci ne remettent pas en cause la qualité du service rendu ?  Une enquête de février 2015 révèle, pour les Garanties Publiques, un taux de satisfaction des clients de 93%.

La création de Bpifrance peut paraître logique pour pallier le déficit des banques privées en ce qui concerne les financements à l’export ; toutefois, il est incompréhensible de vouloir lui affecter également la gestion des activités de Coface Garanties Publiques, ce qui aurait pour conséquences :

La déperdition du savoir-faire au détriment des entreprises françaises exportatrices,
une expertise sur laquelle Bercy ne pourrait plus compter, l’affaiblissement des coopérations avec les autres assureurs crédits publics étrangers.

Il serait illusoire de considérer qu’un rattachement différent améliorerait la prestation réalisée qui rappelons-le, n’est pas mise en cause par l’Administration.

Pour leur part, les organisations syndicales sont unanimement convaincues que les approches actuelles de ce dossier vont à l’encontre des intérêts de l’ensemble des acteurs du Commerce Extérieur, mais aussi du personnel de Coface dont l’expertise acquise s’enrichit des métiers de l’assurance-crédit tant de Coface privée que de Coface publique.

Elles dénoncent d’ores et déjà toute initiative qui conduirait au gaspillage de l’argent public et ne souhaitent pas faire supporter aux contribuables français un coût non justifié qui pourrait être evité puisque l’Etat devrait payer aux actionnaires de Coface plusieurs centaines de millions d’euros.