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Suicide à l’Hôpital Européen Georges Pompidou

Nous publions le communiqué de la fédération de la santé et de l’action sociale et celui de l’USAP-CGT et du syndicat CGT HEGP suite au suicide d'un infirmier à l'Hôpital Européen Georges Pompidou.

jeudi, 09 février 2017 | Actualités
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La lettre .info

Communiqué de la fédération de la santé et de l’action sociale

 

Suicide à l’Hôpital Européen Georges Pompidou

Dans la nuit de dimanche à lundi, un infirmier hospitalier s’est donné la mort sur son lieu de travail : l’Hôpital Européen Georges Pompidou. Un nouveau drame frappe la communauté des personnels hospitaliers. Les pensées de chacun vont en priorité vers ce professionnel, ses enfants, sa femme et ses proches. Pensées aussi pour ses collègues et l’ensemble des personnels soignants et non-soignants.

La mise en place par le CHSCT local d’une enquête est en cours de réflexion.

Quel que soit le futur résultat de l’enquête dont on annonce la mise en place, un constat s’impose : les professionnel.le.s de santé n’en peuvent plus, ne sont pas entendu.e.s ! Livré.e.s à un management dur et focalisé sur les résultats financiers, soumis.e.s à des contraintes de temps et des charges de travail toujours plus fortes, à des déstructurations à tout va, ces professionnel.le.s sont désemparé.e.s autant par les conséquences sur leurs patients, sur leurs proches ou sur eux-mêmes. Les grands plans de communication du gouvernement et la mise en place des cellules psychologiques ne peuvent être les seules réponses apportées en terme de politiques de santé.

Il est indispensable de réunir des CHSCT extraordinaires dans les établissements et de créer des instances appropriées au niveau national sur un ordre du jour unique dépassant le constat des risques psychosociaux pour lier emplois, conditions de travail et qualité du service public due aux usagers. Mais surtout :

  •  L’humain doit, de toute urgence, reprendre sa place centrale au sein des établissements de soins, pour les patients comme pour les professionnel.le.s.

  •  L’éthique soignante doit prévaloir sur toutes les considérations financières.

  •  Une vraie attention et une vraie reconnaissance doivent en n intervenir pour ces professionnel.le.s travaillant pour l’intérêt général.

 

Les personnels de la santé et de l’action sociale seront mobilisé.e.s le 7 mars prochain pour retrouver la dignité au travail et pouvoir exercer leurs missions auprès de toute la population.

 
Montreuil, le 7 février 2017

 

 

Communiqué de l’USAP-CGT et du syndicat CGT HEGP

 

Suicide de notre collègue Emmanuel

Notre collègue Emmanuel, infirmier à la suppléance, s’est donné la mort dans la nuit du 5 au 6 février en se jetant du 8ème étage de l’hôpital.

Comme tous les personnels, vos délégués et représentants CGT sont sous le choc. Nos premières pensées vont à sa compagne, ses deux enfants, sa famille. Nous assurons ses collègues proches de notre sou&en et de notre disponibilité.

Un suicide est un acte individuel dramatique dont les motivations personnelles s’enchevêtrent et ne peuvent jamais être totalement élucidées.

Mais comme tous les collègues, nous sommes frappés par le fait qu’Emmanuel soit revenu à l’hôpital pour se tuer, en dehors de ses heures de service, et en tenue de travail.

Son acte s’ajoute à plusieurs autres tragiquement similaires à l’AP-HP ces derniers mois. Les enquêtes se poursuivent sur le suicide d’un cardiologue de l’HEGP, il y a à peine un an, et soulignent un lien accablant avec la dégradation de son cadre professionnel. Il faut arrêter l’hécatombe !

Représentants du personnel, nous ne cessons de mobiliser pour s’opposer à la politique de course à la productivité et de réduction des moyens, notamment humains. Après des années de casse du service public de santé, l’Hôpital Pompidou est devenu une usine à soins, une machine à broyer les agents.

La dégradation des conditions de travail au jour le jour, les horaires déstructurés, la diminution des moments d’échanges humains et de fraternité dans les services, entraînent fatigue, stress, souffrance, mal-être aussi bien dans nos vies professionnelles que, en répercussion, dans nos vies familiales.

Ni les alertes, ni les recommandations des instances du personnel (CHSCT, CTE) ne sont prises au sérieux par une direction au fond uniquement préoccupée de « l’efficience » économique dictée par les lois successives de santé (T2A, HPST, loi Touraine). L’intention de bloquer les accès aux terrasses, après le drame, comme nous l’avons entendu hier, illustre le raisonnement technocratique, coupé des réalités humaines, des serviteurs de cette politique.

Instruits par le sinistre exemple de France Télécom, nous refusons le « management » des ressources humaines par la souffrance au travail. Nous appelons, à nouveau, dans chaque service, à alerter, dénoncer et combattre chaque application de cette politique, à créer les rapports de force pour mettre en échec chaque dégradation.

Contre le plan Hirsch, ensemble, nous avons montré que nous pouvions être forts pour résister, pour nous faire entendre aussi des patients et de la population sur des questions vitales.

Syndicalistes CGT, nous refusons le fatalisme et la résignation, nous œuvrons à la transformation de la détresse et de la colère et en riposte collective. Plus que jamais aujourd’hui.