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Le suicide d'une infirmière reconnu en accident de service

Le suicide le 24 juin 2016 à son domicile d'une infirmière en néonatalogie du Groupe hospitalier du Havre (GHH), souffrant de ses conditions de travail, a été reconnu en « accident de service », après enquête administrative interne.

mardi, 09 mai 2017 | Actualités
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La lettre .info

Emmanuelle Lebrun, 44 ans, infirmière, mère de deux enfants, avait mis fin à ses jours laissant une lettre expliquant qu'elle subissait un important stress professionnel et qu'elle avait « le sentiment d'avoir fait quelque chose de grave ». Ce drame est l'un de ceux qui avaient endeuillée la profession infirmière en 2016  avec des suicides survenus notamment à Toulouse, à Saint-Calais, près du Mans, et à Reims.


La CGT et SUD, via le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), avaient demandé une enquête administrative menée par une commission paritaire qui a classé le décès de l'infirmière en accident du travail. « Le travail de fond entrepris par la commission paritaire a permis de démontrer le lien direct et unique entre le suicide d’Emmanuelle et ses conditions de travail », a estimé la déléguée CGT, Agnès Goussin-Mauger.

Un communiqué syndical commun ajoute que « cette reconnaissance d’accident apporte une réponse au compagnon et aux enfants d’Emmanuelle, soulage les équipes et démontre que le risque psycho-social est bien réel à l’hôpital ». Afin de prévenir « un nouveau drame », les syndicats ont demandé l’intervention d’un prestataire extérieur « pour aider l’équipe à reconstruire son projet médico-soignant ». Emmanuelle Lebrun « avait toujours dit qu'elle redoutait de travailler en réanimation », précise la déléguée CGT.

Pourtant Emmanuelle Lebrun avait été contrainte de le faire parfois pour les nécessités du service. C'est durant son temps de travail en réanimation qu'un bébé a été proche de mourir. « Elle a cru, à tort, avoir commis une faute professionnelle et ne s'en est pas remise. » « Malheureusement, ce qu'elle n'a jamais su, c'est que la petite fille s'en est sortie, juste après son suicide », se souvient la déléguée CGT.