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Sup de Co Amiens

Ce pourrait être un procès emblématique qui s’est ouvert devant le Tribunal correctionnel d'Amiens. Il a en effet commencé à juger les dirigeants de l’école Sup de Co d’Amiens pour un harcèlement qui aurait conduit au suicide de Mireille Dimpre, une ancienne directrice, rétrogradée, qui s'était jetée par la fenêtre de son bureau en juillet 2009.

jeudi, 01 mars 2012 | Actualités
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La lettre .info

Les inspecteurs du travail et l’officier de police judiciaire convoqués comme témoins enquêteurs ont évoqué à la barre "brimades", "pressions" ou "mises au placard". "Je n'avais jamais vu autant d'éléments caractérisant du harcèlement dans une entreprise", a témoigné l'un des deux inspecteurs qui ont mené une enquête de plusieurs mois dans l'entreprise.

Le policier a détaillé la situation de sept victimes identifiées, comme Marylène Caboche, une assistante pédagogique victime d'un "management pathogène et dictatorial" et qui a tenté à deux reprises de mettre fin à ses jours en laissant une lettre dénonçant ses conditions de travail. Il a aussi parlé du "déclassement" progressif de Patrice Toto et Thierry Léger, deux délégués CGT, au point que chacun a, un temps, occupé un bureau surnommé "des punis", situé derrière une vitre au rez-de-chaussée, où les étudiants les prenaient pour des concierges, selon l'officier.

Des entretiens conduits par les inspecteurs du travail auprès de la moitié des salariés, il ressort que la moitié souffrent de leur travail et évoquent des "brimades", des "propos vexatoires", des "pressions" pour obtenir des ruptures conventionnelles de contrats, des "opérations de déstabilisation" ou encore des "mises au placard". Lorsque l’on songe que cette école forme des cadres supérieurs au management, il y a de quoi frémir.