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Temps de travail : on ne se laissera pas faire !

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L’adoption par l’Assemblée des articles de la loi sur la représentativité qui réforment en profondeur les règles du temps de travail a été clairement perçue par les cadres et les salariés les plus qualifiés comme une nouvelle menace sur leur temps de travail

L’élargissement du champ d’application des fameux « forfaits-jours » – contre lesquels l’Ugict-CGT s’est toujours élevée – va permettre aux entreprises de généraliser une sorte de travail gratuit qui ira bien au-delà des seuls cadres et de ceux dont il est prétendument difficile d’évaluer le temps de travail.

Mais ce texte est adopté alors que l’on sait combien les cadres sont attachés à leur RTT. Six sur dix (huit sur dix chez les femmes) refusent d’échanger leurs jours de RTT contre rémunération. Quarante-cinq pour cent des cadres estiment par ailleurs leur charge de travail excessive. Pour l’Ugict-CGT, « l’offensive gouvernementale actuelle contre le temps de travail de l’encadrement relève de l’indécence. Après la mise en place de forfait-jours sans limites horaires, c’est maintenant à la suppression des limites en jours que s’attelle le gouvernement, tout entier au service du Medef pour qui l’exploitation de la matière grise est un gisement de profit majeur ».

L’organisation spécifique des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT ne compte pas refermer le dossier après ce vote à l’Assemblée. Car la loi ouvre une porte au patronat, et il va désormais falloir se battre pour l’empêcher de mettre le pied dans la porte pour faire passer dans les entreprises de mauvais accords avec des syndicats minoritaires.

L’Ugict-CGT lance une pétition nationale pour exiger :

• le respect des accords de RTT conclus entre les syndicats et les employeurs en n’obligeant pas à les renégocier si ceux-ci donnent satisfaction ;

• de garder le plafond maximum actuel de 218 jours pour les forfaits-jours, qu’il y ait accord ou non ;

• de ne pas étendre le champ d’application des forfaits-jours ;

• le droit au décompte horaire quel que soit le type de forfait.

Partout où cette pétition est proposée, elle rencontre un accueil favorable auprès de nos collègues car elle touche à une forte préoccupation. Dans un contexte de management standardisé, fondé sur la pression des objectifs et la mesure de la performance financière, ce texte risque de conduire à une intensification du travail considérable, avec son lot de stress, de pression psychologique et malheureusement, comme on l’a déjà trop vu, de suicides.

Alors que le président de la République ironise sur l’invisibilité des grèves en France, il vient de prendre le risque de voir s’ouvrir un nouveau front social dans les entreprises sur cette question du temps de travail. On a vu à quel chantage le patronat est prêt pour imposer la suppression des RTT. Il va falloir être clairement très offensif pour ne pas laisser passer la loi dans la vie.

Publié le mercredi, 16 juillet 2008 dans Actualités