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L'Ufict CGT ne signe pas l'accord forfait jour 2016 à Edf SA

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Quelques mois après l'échec d'un précédent accord, les syndicats CFE-CGC et CFDT d'EDF SA vont signer un projet d'accord catégoriel proposant aux cadres de choisir le forfait-jour, une "option" réversible chaque année.

Fin septembre, face à l'opposition quasi-unanime des syndicats et de leurs adhérents, la direction d'EDF avait dû retirer un précédent projet sur le temps de travail, qui instaurait notamment un forfait-jour pour les cadres. Mais elle avait indiqué qu'elle poursuivait le dialogue avec les organisations syndicales.

Contrairement à septembre, où le texte rejeté était un avenant à l'accord d'entreprise du 25 janvier 1999, qui se serait imposé à tous, le nouvel accord est un accord catégoriel qui propose le forfait-jour comme une option, avec réversibilité. L'accord de 1999 est maintenu.

Pour ceux qui opteront pour le forfait-jour, le projet d'accord prévoit 209 jours travaillés (contre une organisation actuelle en 196, 199 ou 202 jours), avec une amplitude quotidienne de 11 heures maximum et cinq jours par semaine. En contrepartie de cette augmentation du temps de travail, les cadres volontaires bénéficieront d'une prime équivalente à 7,5% de leur salaire.

L'Ufict-CGT de l'Energie a estimé pour sa part que « les contreparties proposées par la direction restent insuffisantes pour valider le forfait-jours. Ce projet d’accord acte simplement l’entrée d’EDF SA dans les pratiques de management du 21ème siècle. Il n’apporte ni de véritable garantie du respect des équilibres de vie, ni de juste reconnaissance de l’engagement quotidien des cadres. Il porte finalement en lui les germes de nouvelles discriminations entre les salariés-es d’EDF SA. »

En comparaison du précédent accord, le nouveau projet présente quelques avancées. A la demande de l’Ufict CGT, le droit à la déconnection est intégré dans le texte. La responsabilité de l’employeur reste engagée quant à l’adéquation charge / moyens dans les missions confiées au cadre en forfait- jours. Les primes associées seront prises en compte dans le calcul des pensions. Les interventions programmées le week-end seront comprises dans le temps de travail et considérées comme telles dans le forfait. Même si nous sommes loin de sa véritable valeur marchande, une petite partie du travail gratuit produit actuellement par les cadres sera rémunérée que ce soit sous forme de prime ou d’évolution en NR. En revanche, il reste plusieurs points noirs à ce jour, outre, le manque de valorisation du travail extra-horaire de l’encadrement et la perte des jours de disponibilité. Le plus prégnant reste l’absence de moyen de mesure fiable du temps de travail.

Publié le lundi, 15 février 2016 dans Actualités