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Retraites complémentaires : l’égalité F/H encore sacrifiée

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Jamais accord sur les retraites complémentaires n’aura été aussi inégalitaire. 90 % du financement est assumé par les salariés et les retraités et 10 % par le patronat... montant que le gouvernement s’est aussitôt engagé à rembourser sous forme de nouvelles baisses de cotisations pour les accidents du travail/maladie professionnelle (AT/MP) !

La pilule est amère pour le monde du travail : allongement de la durée de cotisation, gel des pensions et disparition de l’AGIRC. Les femmes sont (encore) particulièrement pénalisées. Toute augmentation de la durée de cotisation les impacte davantage car elles ont encore aujourd’hui des carrières plus courtes. Elles partent en moyenne 7 mois après les hommes, subissent des décotes plus importantes, leur pension est inférieure de 40 %..., et devraient subir demain un abattement de 10 % sur leur retraite complémentaire et le gel de leur pension ?

17 associations féministes ont donc écrit une lettre ouverte appelant la CFDT, la CFTC et la CGC à ne pas signer cet accord. Organisations qui répondent en expliquant que les femmes seront épargnées, les abattements n’étant pas appliqués pour les pensions de moins de 985 € (les pen- sions de moins de 1 100 € étant soumises à des abattements de 5 %). Sauf que ces abattements s’appliquent en fonction du revenu fiscal de référence, qui est calculé pour l’ensemble du foyer. Or, dans la majorité des cas, les femmes ont un revenu inférieur à celui de leurs conjoints. Ainsi même, lorsque le faible montant de leur pension leur permettrait d’échapper aux abattements, elles risquent d’y être soumises du fait du revenu de leurs conjoints.

Ce projet d’accord est donc bien un nouveau coup dur pour les femmes. Le pire, c’est que l’égalité F/H était justement la solution ! La CGT et son Ugict l’ont placée au cœur de la négociation : réalisée sur une décennie, l’égalité salariale permettait d’effacer l’ensemble du déficit de l’ARRCO et 46 % de celui de l’AGIRC.

La délégation CGT a donc proposé la mise en place d’une contribution patronale temporaire pour toutes les entreprises dans lesquelles l’égalité salariale n’était pas effective. Ainsi, on dégageait des ressources supplémentaires, tout en ayant une sanction invitant enfin à réaliser l’égalité salariale.
Contrairement au « There Is No Alternative » entretenu pour faire passer la pilule, d’autres solutions immédiates existent pour couvrir les 8 milliards de besoin des régimes ! Après avoir obtenu un chèque de 41 milliards d’euros avec le pacte de responsabilité, le patronat peut bien assurer enfin l’égalité salariale et contribuer au financement de la protection sociale, non ?

La mise en œuvre de cet accord ne produira tous ses effets qu’à partir de 2019 : la CGT appelle tous les salarié-e-s et les retraité-e-s à intervenir pour imposer des alternatives de progrès.

 

Vous pouvez télécharger le N°160 de l'@ctu.Mict sur le Site fédéral

Publié le vendredi, 27 novembre 2015 dans Santé et Action Sociale