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Un cocktail explosif !

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L’offensive menée par l’Élysée et Matignon sur le temps de travail et les 35 heures est grave, déloyale. Elle appelle une riposte d’envergure pour empêcher l’adoption en catimini d’une profonde modification du Code du Travail.

De fait, la question qui ne se limite pas aux seules 35 heures mais à toute la notion de temps de travail, sera bien associée au thème des retraites dans la nouvelle mobilisation du 17 juin.

En effet, à l’issue d’une réunion intersyndicale le 29 mai, la CGT et la CFDT ont appelé à une journée d’actions et de manifestations le mardi 17 juin pour la défense des retraites et contre la dérégulation du temps de travail. FO et la CFE-CGC doivent annoncer leur position lundi après consultation de leurs instances. Mais cette actualité semble avoir occulté le reste de ce qui bouge dans le champs social.

C’est ainsi que la très forte mobilisation des chercheurs qui ont massivement défilé dans les rues mardi est passée inaperçue. Pourtant, c’est avec eux que se jouent la compétitivité et l’innovation de notre économie.

Tout autant les conflits salariaux qui se multiplient, notamment à la faveur des négociations annuelles obligatoires semblent occultés. D’ailleurs à ce sujet, la publication des salaires des patrons du CAC 40 qui affichent allègrement une progression de 58 % ne devrait pas calmer les esprits. En effet, quelle plus belle démonstration du déséquilibre croissant entre rémunération du travail et rémunération du capital.

En effet, outre des progressions de leur salaire fixe dans des proportions qui n’ont rien à voir avec celle des salariés, les patrons bénéficient à plein de la progression des marchés boursiers. Les plus-values sur les stock-options encaissées en 2007 ont augmenté de 351 % par rapport à 2006, atteignant la somme totale de 66 millions d’euros.

La réponse aux revendications salariales, aux exigences de progression du pouvoir d’achat ne peut se limiter à l’intéressement dont le président de la République propose le développement par de nouvelles incitations fiscales pour les entreprises. Aléatoire, destinée aux seuls salariés stables des entreprises, inégale selon le type d’entreprise et la stratégie de gestion des directions, cette forme de rémunération va se développer au détriment des autres formes de rémunérations et notamment des salaires.

Non soumise à cotisations sociales, elle conduit à aggraver les ressources de la protection sociale et des retraites et à fragiliser la constitution des droits sociaux des salariés.

Publié le lundi, 02 juin 2008 dans Actualités