Menu
Télétravail : campagne et outils pratiques  Voir

Unedic : le Medef ferme la porte à la taxation des contrats courts

Issue de secours

Huit mois après l'échec de la précédente négociation, syndicats et patronat vont de nouveau s’asseoir autour de la table pour définir les règles de l'assurance chômage dans un marathon de quatre réunions du 7 au 28 mars.

lundi, 20 février 2017 | Actualités

Partager :

Imprimer

La partie patronale accepte désormais d'aborder les contrats courts. Depuis 2013, certains de ces contrats sont déjà légèrement surtaxés, mais cela n'a pas enrayé leur progression. Entre 2000 et aujourd'hui, les embauches en CDD de moins d'un mois sont passées de 1,6 à 4,3 millions par trimestre, selon l'Acoss.

En juin, c'est le refus du Medef de toute modulation des cotisations sur ces emplois précaires qui avait fait échouer la négociation. Il s'agissait d'une condition sine qua non de tous les syndicats à un éventuel accord sur l'assurance chômage. Mais si le représentant patronal, Alexandre Saubot, a assuré qu'il revenait à la table des négociations « sans tabou », le Medef a « fixé un certain nombre de lignes rouges », dont « la principale est qu'il n'y ait pas de hausse du coût du travail ». En d'autres termes, le patronat n'exclut pas « qu'il y ait un chapitre sur le sujet » dans le projet d'accord que le patronat compte transmettre aux négociateurs syndicaux en « fin de semaine prochaine, début de semaine suivante », mais il ferme la porte à la revendication unanime des syndicats d'un renchérissement des contrats les plus précaires, que ce soit par des cotisations dégressives selon la durée de l'emploi, proposées selon différentes modalités par la CFDT, la CFTC et la CGT, ou par un bonus-malus pénalisant les entreprises qui abusent des contrats courts (FO, CFE-CGC).

Pierre Gattaz a prévenu qu'il n'accepterait « surtout pas » de taxer les contrats courts. Et le patron des patrons de brandir la menace : « On pourrait imaginer, et certains poussent à ça, que l'État ne garantisse plus la dette de Unedic à un moment donné. Pourquoi pas. C'est bien pour ça qu'aujourd'hui et dans les semaines qui viennent il faut prendre nos responsabilités. »

Le Medef est toutefois prêt à discuter de « dispositifs incitatifs », a concédé Alexandre Saubot, son représentant. « La position du Medef, c'est d'abord on fait beaucoup d'économies sur le dos des chômeurs, et puis éventuellement, on envisage une expérimentation, peut-être pour plus tard, à durée limitée et pour trois secteurs...

Cela nous paraît très déséquilibré » a déploré Denis Gravouil négociateur pour la CGT qui portera dans cette négociation ses revendications :

  •  conclure une convention de longue durée, au minimum quatre ans pour sortir de l’incertitude et du chantage ;
  •  pénaliser le recours aux contrats de plus en plus brefs au profit de contrats longs et surtout de CDI ;
  •  déplafonner les cotisations sur les salaires de plus de 12 000 euros par mois (au nom de « l’équité » tant claironnée par le patronat) ;
  •  veiller à l’égalité entre femmes et hommes, en supprimant les écarts de salaires et en maintenant la borne d’âge de 50 ans qui permet le passage de 24 à 36 mois ;
  •  revoir les exemptions d’assiette qui font perdre jusqu’à 3 milliards d’euros de recettes (épargne salariale, intéressement, etc.).

 

La lettre .info