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L'Urssaf attaque Uber et c'est le Medef qui s'inquiète

Le Medef s'est inquiété des poursuites de l'Urssaf à l'encontre d'Uber pour requalifier ses chauffeurs en salariés, y voyant "une menace grave pour les nouvelles formes d'activité et d'emploi", et a alerté les pouvoirs publics sur les risques pesant sur les entreprises si elles étaient sanctionnées.

lundi, 23 mai 2016 | Actualités
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La lettre .info

L'Urssaf ne fait pourtant que son travail en faisant valoir qu'il existe un "lien de subordination" entre les chauffeurs et la plateforme qui de fait doit être considéré comme un lien salarial.

En réagissant ainsi le patronat révèle le fond de sa pensée. D'abord en tant que l'un des gestionnaires de la Sécurité sociale, il se fiche comme d'une guigne que des entreprises se soustraient au financement de la protection sociale. Et il le fait en arguant de la modernité, parce que pour lui, "le développement de nouvelles activités créées grâce à la révolution numérique est une opportunité pour la croissance et l'emploi". Mais en quoi précarité et protection sociale au rabais sont-ils une révolution ?

La modernité, pour le Medef ce n'est pas  les applications qui simplifient la prestation de service c'est de pouvoir externaliser toutes les contraintes inhérentes au salariat et de sécuriser ce patronat du numérique. Selon l'Acoss, les plateformes collaboratives de service deviennent "un enjeu pour le financement" de la protection sociale en France, construit sur les salaires.


"Le Medef considère que l'erreur serait de vouloir faire rentrer ces nouveaux acteurs" dans ce modèle social basé sur le salariat et appelle le gouvernement et l'Acoss à "prendre rapidement des mesures afin de sécuriser les entreprises au regard du risque de requalification sans alourdir le coût du travail". (…) c'est à notre système de s'adapter à cette nouvelle donne, et non l'inverse, pour que nous puissions pleinement tirer profit de toutes les opportunités offertes par la révolution numérique", estime le Medef.