Menu

Alstom : service après-vente

Train argent

Quoi de meilleur qu’un plateau d’économistes  pour assurer le service après-vente des plans les plus douteux, des coups les plus tordus, des mesures les plus antisociales ? On ne parle pas ici des « économistes atterrés », hélas trop peu nombreux qui s’époumonent à expliquer que le coût du capital nous envoie dans le mur bien plus sûrement que le « coût du travail ».

lundi, 05 mai 2014 | Billets de la semaine
Imprimer

La lettre .info

Non… parlons plutôt de leurs confrères atterrants, spécialistes omniprésents dans les JT, les talk-shows. Ceux là même qui, spécialistes autoproclamés n’ont pas vu venir la crise des subprimes en 2008. Encore eux qui nous ont expliqué qu’il était de notre devoir de voler au secours des banques gavées d’actifs toxiques. On les a encore vus à l’œuvre la semaine dernière pour nous vendre le rachat de la branche énergie d’Alstom à General Electric plutôt qu’à Siemens. On les a vu ferrailler avec leurs petits sabres de bois pour savoir qui de l’un ou de l’autre allait provoquer plus de synergies, moins de doublons.

Beaucoup de fumée pour ne pas parler d’une troisième possibilité : celle d’un retour de l’Etat dans le capital d’Alstom afin de préserver les intérêts industriels du pays, l’emploi. « L’État français doit prendre ses responsabilités dans cette affaire en entrant majoritairement dans le capital de l’entreprise », ont proposé dans un communiqué la CGT et sa fédération de la Métallurgie.

Une idée partagée dans son principe par la CFDT dont le secrétaire général Laurent Berger, s'est montré mercredi 30 avril favorable à «une prise de participation temporaire (de l'Etat) pour préserver l'emploi et l'industrie».

Quelques jours plutôt pour  FO, Jean-Claude Mailly, avait lui aussi indiqué pencher pour une nationalisation de l'entreprise, dont l'Etat n'est plus actionnaire depuis 2006.

Quant aux syndicats du groupe industriel qui ont rencontré Arnaud Montebourg au lendemain du CA d’Alstom, ils ont dit clairement au ministre : « c’est une solution de consolidation d’Alstom dans son intégrité et son indépendance qui doit être privilégiée par le gouvernement. Cela passe nécessairement par une évolution du capital du groupe puisque l’actionnaire de référence, Bouygues, a manifesté sa volonté de céder sa participation dans le groupe Alstom. »

Les syndicats ont donc demandé au gouvernement « d’envisager y compris la montée de l’État au capital d’Alstom (il n’en détient actuellement que 0,9 % et le carnet de commandes d’Alstom est majoritairement le fait d’entreprises ou fonds publics). Ce qui donnerait les moyens de dessiner une solution garantissant la pérennité du groupe Alstom, la préservation des emplois et des intérêts de la France. »