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Comme un parfum de naphtaline du côté du Medef

Montre sablier

Pierre Gattaz est un vrai visionnaire. Chevauchant les vieilles mules fatiguées de ses prédécesseurs, il développe un peu plus chaque jour des revendications au parfum de naphtaline. Le président du Medef a ainsi suggéré, jeudi dernier dans une interview au journal L'Opinion, que la France sorte de la convention 158 de l'Organisation internationale du travail signée en 1982. Cette dernière "oblige à justifier les motifs du licenciement" afin de lever la crainte de l'embauche chez les chefs d'entreprises.

lundi, 03 novembre 2014 | Billets de la semaine
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La lettre .info

Non content de vouloir faire maigrir un Code du travail qu'il juge trop contraignant, Pierre Gattaz veut faire tomber les normes internationales auxquelles le patronat n'a jamais souscrit de bonne grâce. Ces normes, tout en protégeant (de moins en moins) les salariés de l'arbitraire, empêchent aussi les entreprises de se livrer une concurrence totalement déloyale en pratiquant un dumping social débridé.

Le président du Medef voulant que le patronat reste seul maître à bord, il entend désormais que les entreprises n'aient plus de motif à fournir pour se débarrasser de leurs salariés et revenir ainsi avant 1946. Une proposition tout à fait en ligne avec celles défendues dans un document remis aux syndicats mardi dernier en amont de la deuxième réunion de négociation sur le dialogue social.

Le patronat propose de remplacer les diverses instances de représentation du personnel (Comité d'entreprise, CHSCT....) dans les entreprises de plus de 50 salariés par un "Conseil d'entreprise", qui serait "l'instance unique de représentation du personnel".

Pierre Gattaz est vraiment l'homme par qui le dialogue social va faire de grands bonds... en arrière.