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« C’est un engagement ? » « Non c’est un pin’s… »

Doigts croisés

Il se raconte (mais on dit tant de choses) que se croisant sous les lambris de la République, le patron des patrons et le ministre du Travail auraient eu récemment cet échange courtois et amusé. Michel Sapin avisant le pin’s couleur moutarde de Pierre Gattaz au revers impeccable de son costume lui aurait demandé si le million d’emplois écrit en lettres bleues était un engagement. A quoi, finaud et roublard, le président du Medef aurait répondu : « non c’est un pin’s ». Vraie ou pas, cette histoire a le mérite d’être plausible, tant il est vrai que la baudruche n’a pas tardé à se dégonfler.

lundi, 03 février 2014 | Billets de la semaine
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La lettre .info

D’ailleurs le rétropédalage, dont on pensait qu’il était un sport très pratiqué au sein du gouvernement, a été vigoureux, dès lors que François Hollande a promis au patronat de lâcher la proie pour l’ombre. C’est du côté du Medef qu’ont été donnés les premiers coups de pédale en rappelant que la création d’emplois dépendrait des carnets de commande.

La semaine dernière, à la faveur des consultations à Matignon sur le Pacte de Responsabilité, le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, qui n’a pas à se sentir engagé par le « coup de com » de Pierre Gattaz, a déclaré jeudi qu'il voulait des "mesures rapides" dans le cadre du Pacte de responsabilité mais ne pouvait s'engager sur des "chiffres d'emplois", réclamés par les syndicats.

On comprend donc bien à la lueur de ces prises de position que l’objectif c’est d’obtenir un transfert massif du financement de la protection sociale sur la fiscalité. Ils en rêvent depuis des décennies, François Hollande va leur offrir sur un plateau.

Le transfert du financement de la politique familiale des entreprises vers le budget de l’Etat est une attaque de grande ampleur contre la protection sociale. Pourtant ce n’est pas faute de savoir où nous ont mené les politiques précédentes de baisse ou d’exonérations de cotisations. Elles ont incité les entreprises à s’opposer à la hausse des salaires et à recruter de plus en plus au niveau du Smic, là où elles ne paient plus de cotisations sociales.