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Fais ton apprentissage d’abord…

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La révélation par l’Humanité dans son édition du 15 juillet de l’utilisation de l’apprentissage au centre de mise au point des moteurs de Renault à Lardy dans l’Essonne est une nouvelle illustration des dérives que se permettent les entreprises dans une quasi impunité.

lundi, 21 juillet 2014 | Billets de la semaine
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La lettre .info

En effet, alors même que le gouvernement prétend faire de l'apprentissage la solution contre le chômage des jeunes, dans le centre technique de Renault à Lardy, les diplômés sont poussés vers la sortie et privés de primes. Il s’agit là de jeunes futurs diplômés très qualifiés. Las de voir leurs droits laminés sans embauche à la clé, ils se sont rassemblés dans un collectif soutenu par la CGT.

Dans cet article, Florent Grimaldi, délégué syndical CGT, rappelle une évidence : « le but de l'apprentissage est quand même de déboucher sur un travail. Comme Renault ne fait plus appel aux intérimaires, les apprentis sont en train de devenir un volant de main-d'oeuvre flexible et à bas coût pour permettre au constructeur de préserver sa marge opérationnelle ».

Du coup, la firme au losange ne se prive pas d’assigner à ces jeunes ingénieurs en herbe royalement payés entre 950 et 1 100 euros, les mêmes objectifs que les ingénieurs en CDI avec autant de pression.

La révélation de cette affaire tombe au moment où le gouvernement promet plus de 200 millions d'euros d'aides supplémentaires pour l'embauche des apprentis. Mais alors que le constructeur automobile met en œuvre un plan de compétitivité supprimant 8 260 emplois compensés par le recrutement de 750 personnes d'ici à la fin 2016. Seules 75 titularisations d'apprentis seraient alors concrétisées à l'échelle de tout le groupe. On imagine mal que Renault encaisse cette aide de l’État sans ouvrir plus largement ses embauches à ses stagiaires fraîchement diplômés.