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A la fortune du chapeau

argent poche

L’épisode de la retraite chapeau du PDG de PSA n’est pas le premier à soulever l’indignation et c’est ce qui en fait un événement important et révélateur. L’opinion, déjà secouée et écoeurée par les affaires précédentes et la révélation des salaires des patrons ou des dividendes versés aux actionnaires, voudrait qu’on fasse la loi. Les Français sont majoritairement favorables à des lois interdisant les retraites chapeau et limitant le salaire des patrons « à un maximum de 12 fois le salaire le plus bas dans leur entreprise » selon un sondage BVA pour i-Télé et Le Parisien/Aujourd'hui en France publié samedi.

lundi, 02 décembre 2013 | Billets de la semaine

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Toutes les affaires récentes de retraites chapeau avaient en commun la démesure des sommes promises, le fait aussi que ces entreprises prétextaient des difficultés pour licencier et restructurer. Dans l’affaire Varin, ce qui est aussi très choquant c’est que PSA a largement bénéficié d’aides publiques pour passer la crise et que c’est aussi avec cet argent-là qu’on paie cette fortune. Mais « quel travail d’un homme ou d’une femme peut mériter plusieurs centaines de fois celui d’un autre ? » a demandé la CGT la semaine passée.

Pour la CGT, « limiter les salaires des PDG des grands groupes est indispensable et cela passe par de véritables droits pour les salariés et leurs représentants. » Evidemment, il fallait s’y attendre, le patron des patrons y est allé de sa supplique contre une éventuelle loi limitant ces pratiques : "On devient fou à trop légiférer, ce serait encore créer de la suspicion et de la complexité, nous avons montré que nous savons nous autoréguler", explique Pierre Gattaz. Tandis que Pierre Pringuet, le président de l'Association française des entreprises privées, assure de son côté que "Pierre Moscovici, avec le soutien de Jean-Marc Ayrault et du président de la République, a clairement pris position en faveur de l'autorégulation sur la base de notre Code Afep-Medef (...), ce serait un véritable manquement à la parole que de revenir en arrière".


Il est bien là aussi le problème. Un exécutif qui s’exécute et qui préfère tenir ses promesses faites au patronat plutôt que de faire ce pourquoi les Français l’ont porté aux affaires.

La lettre .info