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Laurence Parisot au pays des Bisounours

Laurence Parisot au pays des Bisounours

Billet de la semaine du 9 juillet 2012. Ah que la patronne des patrons est délicate. Plutôt que de dire les choses brutalement du genre : « le Code du travail c’est bien pratique pour caler une table de chevet », Laurence Parisot préfère les formules comme « pacifier les licenciements ». C’est sa dernière lubie.

lundi, 09 juillet 2012 | Billets de la semaine
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La lettre .info

Après avoir obtenu, sans combattre, de Nicolas Sarkozy la mise en place de la rupture conventionnelle pour sécuriser juridiquement les licenciements au compte-gouttes, elle entend obtenir du nouveau gouvernement qu’il l’étende au licenciement collectif. Outre qu’il y aurait quelques chances qu’un tel texte soit anticonstitutionnel, on arriverait à exonérer les entreprises de toutes les dernières contraintes sociales. Pensez-vous !

Le Medef voudrait à la fois que les juges n’aient définitivement plus leur mot à dire sur le caractère économique des licenciements, il voudrait aussi pouvoir trouver des interlocuteurs dociles pour monter tous ensemble dans les charrettes de licenciements.

Vous imaginez la scène ? Des salariés qui se réuniraient devant la machine à café et qui conviendraient tous ensemble non pas d’opter pour le macchiato plutôt que le cappuccino, mais quitter la boîte avec le sourire. Et peut-être même avec un pot de départ tant qu’on y est.

C’est « Laurence au pays des Bisounours » !

Madame Parisot voudrait qu’en plus d’être jetés à la rue pour faire grimper les actions et servir les dividendes, les salariés soient aussi heureux de sauver leur entreprise en se sacrifiant pour la bonne cause. C’est oublier que ces fameuses ruptures conventionnelles pour l’instant individuelles sont dans la très grande majorité des cas de l’initiative de l’employeur et non du salarié. C’est oublier qu’elles contribuent très largement à se séparer des seniors et notamment des salariés les plus qualifiés.

Cette revendication est évidemment inacceptable et a peu de chances d’être satisfaite. La CGT s’y opposera, tout comme elle demande à l’occasion de la conférence sociale qui s’ouvre ce lundi 9 juillet, une remise à plat du dispositif adopté sous Nicolas Sarkozy.