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L’aversion de la courbe

L’aversion de la courbe

Sans attendre, l’agenda social 2014 va se charger de nouveaux rendez-vous. Ce sera notamment le cas mi janvier avec l’ouverture des négociations sur l’assurance chômage sur lesquelles planent bien entendu les derniers chiffres du chômage qui ont plus que jamais fait couler beaucoup d’encre. Non qu’ils soient les plus mauvais, mais parce que l’exécutif claironne sur tous les tons qu’il veut faire de l’inversion de la courbe du chômage le marqueur du quinquennat.

lundi, 30 décembre 2013 | Billets de la semaine
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La lettre .info

Soyons justes… si ce n’est l’inversion, en tous cas le gouvernement a réussi à provoquer « l’aversion de la courbe » en multipliant les pirouettes sémantiques, l’autosuggestion. Au risque de paraître en complet décalage avec le ressenti de l’opinion. Comment marquer les esprits avec des tendances homéopathiques alors que chaque semaine apporte son cortège de plans de licenciements. La lutte contre le chômage ne peut pas se résumer à une affaire communication. L’intention est louable évidemment. M

ais hélas le gouvernement persiste à user de vieilles recettes qui n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité. « On peut créer des artifices, les emplois aidés, il en faut en période de crise, mais néanmoins ce n'est pas ça qui fait une politique de l'emploi», a commenté Eric Aubin pour la CGT lors de la publication des chiffres du chômage en décembre. Pour que le chômage baisse, il faut faire «payer les entreprises qui ne jouent pas le jeu», a estimé le dirigeant de la CGT, en annonçant que la CGT fera des propositions en ce sens lors de la future négociation de l'assurance chômage, a-t-il dit.

Il va notamment falloir s’attaquer à cette montée des entrées à Pôle emploi liée aux ruptures conventionnelles. Il est plus que jamais nécessaire d’encadrer ce dispositif dont beaucoup d'entreprises se servent pour écarter leurs salariés, notamment âgés.

Ceux qui licencient des seniors au-delà de 50 ans en rupture conventionnelle doivent participer financièrement au coût pour l'assurance chômage. Mais au-delà, pour lutter contre le chômage, il faut à notre pays une vraie politique industrielle reposant sur la recherche et le développement et sur des investissements.