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Les attentes sociales n’ont pas pris de vacances

Les attentes sociales n’ont pas pris de vacances

Billet de la semaine du 5 septembre 2012. C'est peu dire que cette rentrée sociale ne ressemble pas à la précédente en raison, non seulement d'un approfondissement et d'une aggravation de la crise, mais aussi et peut-être surtout parce que les conditions politiques ont changé.

lundi, 03 septembre 2012 | Billets de la semaine
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La lettre .info

Les Français ont voté pour une autre politique économique et sociale. Et de ce point de vue, à trop attendre, trop différer et trop donner d'assurances et de gages au patronat, le gouvernement Ayrault et le président de la République prennent le risque de décevoir.

Tandis que les plans sociaux tombent et que les salariés attendent des mesures fortes, on a vu la semaine passée pas moins de dix ministres, dont Jean-Marc Ayrault faire le déplacement à Jouy-en-Josas aux Universités d'été du Medef pour rassurer les patrons sur les intentions du gouvernement.

Le coût du travail, au coeur des revendications patronales, "n'est pas une question taboue", a notamment affirmé M. Moscovici. Ah bon? Pour ne pas l'évoquer devant un parterre de dirigeants, le ministre de l'Economie et des Finances veut-il nous signifier qu'en revanche le coût du capital est bien une question taboue? Il faut être clair, si le gouvernement n'a en tête que de réduire le coût du travail, alors il va retomber dans les vieilles recettes éculées. C'est bien la question du partage des richesses créées qui est posée. Et le fait qu'elle soit posée partout dans le monde ne nous interdit pas dans notre pays de faire bouger les lignes par différents moyens.

Dossier majeur de cette rentrée sociale, les emplois d'avenir nous semblent mal engagés sur la forme d’abord avec un calendrier précipité qui ne permet pas la concertation avec les organisations syndicales. Alors que les emplois d'avenir sont présentés par le gouvernement comme une des mesures phares de la législature, le projet de loi a été élaboré dans la précipitation et sans réelle concertation des organisations syndicales. L'engagement de dialogue social du gouvernement serait-il déjà oublié? Quant au fond, l'UGICT-CGT rappelle qu'elle attend des modifications profondes du projet de loi et notamment :

  •  La garantie que les emplois d'avenir seront uniquement des CDI à temps plein et des mesures garantissant la pérennisation de l'emploi à l'issue des 3 ans
  •  La mise en place d'une vraie formation qualifiante assurant aux jeunes la reconnaissance de leur expérience professionnelle par exemple via une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE)
  •  Des mesures pour garantir que les emplois d'avenir ne seront ni les nouveaux précaires de la fonction publique, ni des effets d'aubaine dans le secteur marchand.


Pour l'UGICT-CGT l'enjeu n'est pas de faire baisser temporairement les chiffres du chômage mais bien de proposer une réelle politique d'emploi pour les jeunes. Pour cela, l'UGICT-CGT et l'UNEF ont adressé aux parlementaires dès le mois de juin un projet de loi visant à protéger les jeunes durant leur période d'insertion, les stabiliser en leur permettant d'accéder à un emploi stable et reconnaître leurs qualifications.

Des propositions concrètes sont sur la table, l'UGICT-CGT attend qu'elles soient entendues.