Menu

Marché du travail : Gattaz invente le contrat de rupture

Papiers froissés poubelle

Et si demain pour rassurer un éventuel employeur, on était amené à signer non seulement un contrat de travail, mais aussi une lettre de démission ? Après tout...l'idée n'est pas si farfelue et elle n'est finalement pas très éloignée de la proposition de Pierre Gattaz vendredi dernier dans les colonnes du Parisien.

lundi, 17 novembre 2014 | Billets de la semaine
Imprimer

La lettre .info

Le président du Medef estime qu'il serait mieux, pour le salarié et l'employeur, de fixer les conditions de séparation dès la signature du contrat de travail. Un nouveau contrat  afin de rassurer complètement les patrons frileux ? Après avoir obtenu, hélas avec l'assentiment de certaines organisations syndicales, la « rupture conventionnelle », le Medef veut poursuivre dans la dédramatisation complète du licenciement : «Il y a beaucoup d'affectif lors d'un licenciement, notamment dans les PME. Fixer à l'avance les conditions de départ permettrait de dédramatiser les choses», explique-t-on au Medef. Tiens donc ? Ces 300 000 séparations à l'amiable signées chaque année ne suffisent encore pas ?

Après avoir demandé à abroger la convention 158 de l'Organisation Internationale du Travail pour ne plus avoir à justifier le licenciement, le patron des patrons veut maintenant promouvoir le contrat siège éjectable. L'embauche deviendrait demain une sorte de mariage de stars américaines, dont les avocats prévoient tous les termes du divorce avant de convoler.


A vrai dire, la proposition, une de plus, de Pierre Gattaz a peu de chance de voir le jour, mais cette nouvelle provocation maintient une sorte de bruit de fond dans le débat. En fait, le président du Medef cherche d'abord à soulever des lièvres pour faire bouger les lignes du débat. Et le problème est qu'il parvient à tenir la barre et fixer le cap d'un gouvernement désormais au service de ses ambitions.

Et hélas, même lorsque le ministre du Travail veut le remettre dans les clous, il s'y prend bien mal. En taxant Pierre Gattaz de « petit syndicaliste », François Rebsamen s'est pris les pieds dans le tapis. Non seulement il ne renvoie pas le Medef dans ses cordes, mais en plus il insulte le syndicalisme...