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Sur le dos des chômeurs

Cadre écrasé

Les négociations sur la nouvelle convention d’assurance chômage se sont terminées samedi 22 mars sur un accord qui fait payer l’addition de la crise aux privés d’emploi, aux salariés intérimaires, aux intermittents du spectacle, mais aussi aux cadres. Certes, le texte prévoit notamment dès le 1er juillet un système de " droits rechargeables ", mais, in fine, cette nouvelle convention prévoit 400 millions d'euros d'économies, autant d'efforts demandés aux demandeurs d'emploi indemnisés car le patronat a obtenu que les cotisations des entreprises restent inchangées.

lundi, 24 mars 2014 | Billets de la semaine
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La lettre .info

 Eric Aubin, dirigeant de la CGT qui conduisant la délégation, ne voit dans cet accord que " des sacrifices ou des reculs pour les demandeurs d'emploi ", " aboutissement de discussions de couloirs auquel le ministère du Travail a participé ".

L’accord dispose entre autre que les cadres qui touchent une importante indemnité de départ devront désormais attendre jusqu'à 180 jours avant de toucher des allocations chômage, contre 75 aujourd'hui.

Si, finalement, le Medef a dû plier en ce qui concerne le régime des intermittents du spectacle qu’il entendait supprimer, il a obtenu plusieurs mesures touchant les intermittents les mieux indemnisés. Ainsi, le cumul entre allocations versées et salaires sera désormais plafonné à 5.475,75 euros bruts par mois et un nouveau différé d'indemnisation est mis en place.

Le projet d'accord prévoit également une augmentation des cotisations des salariés et des employeurs du secteur par rapport aux taux appliqué actuellement. " Le Medef veut absolument pouvoir dire « j'ai tapé sur les intermittents » ", a estimé Denis Gravouil, le secrétaire général de la CGT-Spectacle. " C'est scandaleux qu'on ne mette dans le projet que des mesures d'économies et qu'on refuse d'écouter notre proposition de discussions globales. On continue à rendre le système inéquitable, alors qu'on aurait pu discuter du sujet de façon dépassionnée ", a-t-il regretté.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement qui doit agréer cette convention, mais on ne voit pas pourquoi l’exécutif entrerait en guerre contre le Medef à qui il ne cesse de dérouler le tapis rouge.

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