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Médecin du travail : du côté des règles de métier

La médecine du travail est au même titre que la médecine générale une médecine « de première ligne » en cela qu’elle repose en partie sur une activité clinique individuelle.

mardi, 08 mars 2005 | Décryptages
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La lettre .info

Elle en diffère toutefois par son caractère préventif et son recentrage sur la santé au travail. La loi donne en effet pour mission au médecin du travail d’« éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail ».
Elle en diffère également par sa capacité à prolonger le travail clinique en observant sur le terrain les caractéristiques du travail du salarié.

Ainsi, le médecin du travail est le seul médecin à avoir accès aux lieux de travail ; il peut donc identifier a priori les facteurs de risque présents au poste de travail et conseiller chaque salarié et la communauté de travail sur les actions à mettre en œuvre.

C’est l’employeur qui est en charge de la gestion des risques et donc de la mise en œuvre de la prévention.
Le rôle du médecin du travail consiste, à dégager les conditions environnementales et d’organisation du travail appropriées pour que tout sujet, quel que soit son état de santé ou son handicap, puisse occuper dans la dignité un poste de travail qui lui permette de prendre conscience et de préserver son rôle social.

La consultation médico professionnelle

Elle constitue la base de l’activité. L’accompagnement clinique lors des consultations médicales régulières permet d’éclairer le salarié sur les risques du travail pouvant être à l’origine de problèmes de santé.

Le salarié redevient acteur de la construction de sa santé et non objet d’un avis d’aptitude qui s’imposerait à lui.

L’aptitude est un concept vide ou relève d’une médecine de sélection. Ainsi, le Conseil d’état précise que des éléments « génétiques, comportementaux ou historiques » permettraient aux médecins du travail de mettre à l’écart les sujets à risque au péril de leur emploi. Cette position est moralement, déontologiquement, légalement, scientifiquement et techniquement erronée.

La mention « Apte » sur la fiche d’aptitude, n’a actuellement aucune valeur préventive ou prédictive sur le maintien de la santé. Il faut lui préférer l’absence d’inaptitude (ici et maintenant) au poste ou la simple attestation de suivi médical professionnel.

L’action sur le milieu de travail

Les visites régulières des lieux de travail, l’étude des conditions de travail sont une activité médicale complémentaire de la consultation individuelle. Toutes deux convergent sur des objectifs préventifs.

Repérage a priori des risques permettant leur prévention en amont (prévention primaire).

Veille sanitaire visant à repérer les risques existants et leurs effets sur la santé (prévention secondaire).

Prescription d’aménagement des postes de travail, conseil sur les conditions de travail, alerte sanitaires de risques environnementaux ou psychosociaux (prévention tertiaire).

Le but est ici de permettre que les salariés et leurs représentants disposent d’informations pertinentes sur les risques et leurs effets sur la santé afin de nourrir un débat avec leurs employeurs sur les mesures de préventions nécessaires. C’est de ce point de vue que doivent être produits les documents médico réglementaires (rapport annuel, fiche d’entreprise) et que le médecin du travail participe au CHSCT quand il existe ou qu’il informe les délégués du personnel dans les petites entreprises.

Pourquoi se syndiquer à la CGT quand on est médecin du travail ?

Nous sommes médecins du travail des salariés.
Nous avons besoin de nous rassembler, à partir de nos préoccupations pour réfléchir, discuter, construire notre intervention sur notre travail, son contenu, les conditions d’exercice de notre responsabilité.

Il est tout aussi important de pouvoir partager nos réflexions et propositions avec les salariés des autres catégories ; cela nous permet de sortir de l’isolement, de dépasser les seules questions catégorielles, et de construire des actions collectives propres à notre catégorie et en convergence avec les autres salariés.

La CGT répond à ces besoins, parce qu’elle a construit un syndicalisme spécifique aux ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise, l’Ugict-CGT. Cette organisation permet aux syndiqués de ces catégories de traiter leurs préoccupations et de travailler la convergence, le rapprochement avec les autres catégories.

Dans l’Ugict-CGT, est organisé un collectif «Médecins du travail », ce collectif assure une réflexion spécifique qui a récemment abouti à la rédaction d’un document de synthèse.
Les médecins du travail échangent également avec leur consoeur et confrères des autres exercices dans un collectif « Médecins ».

Ce collectif permet une rencontre des médecins quel que soit le secteur d’activité où ceux-ci exercent. Il permet de participer à la réflexion de la Confédération sur les enjeux de la santé, de traiter de manière approfondie des conditions de travail des médecins eux-mêmes.

Pour les médecins du travail, considérés comme cadres supérieurs dans les entreprises, cette construction syndicale est efficace, puisqu’elle nous permet d’intervenir sur notre travail, la santé et les enjeux généraux au monde du travail.

Les axes revendicatifs proposés au 47e Congrès de la CGT pour construire un nouveau statut du travail salarié dont la sécurisation du parcours professionnel est un élément central, représentent pour notre profession des perspectives essentielles. Ils portent une conception nouvelle du travail salarié qui rejoint nos exigences en matière de santé des salariés.

La stratégie de la CGT visant au syndicalisme rassemblé, sa démarche fondée sur la démocratie avec les syndiqués et les salariés permettent aux médecins du travail de construire un syndicalisme efficace et solidaire.

Chacun-e peut y trouver sa place. Nous vous invitons à nous rejoindre pour gagner en efficacité, pour contribuer à construire la force nécessaire aux salariés, pour gagner de véritables conquêtes sociales.