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Un statut de l’encadrement pour contrer l’ubérisation

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Un statut de l’encadrement pour contrer l’ubérisation

Nouveau Président et bientôt nouveau gouvernement, l’occasion de remettre sur la table les propositions de l’UGICT-CGT pour un statut de l’encadrement. Ce d’autant que la question est au cœur de la négociation sur le régime de retraites complémentaires AGIRC-ARRCO qui prévoit une négociation sur la « notion d’encadrement ».

Pour la CGT des Ingés Cadres Techs, cette négociation est déterminante et doit aller bien plus loin que la simple « notion d’encadrement ». Alors qu’Emmanuel Macron, avec sa proposition de loi Travail 2, veut renvoyer à l’entreprise la définition de l’ensemble des droits au travail, le statut de l’encadrement vise à instaurer des droits interprofessionnels, pour permettre aux salariés qualifiés d’exercer leurs responsabilités professionnelles.

Dans un contexte de remise en cause de la protection sociale, il vise à arrimer les ingés, cadres et techs au salariat avec une protection sociale (chômage, retraite…) leur assurant un maintien de leur niveau de vie en cas d’aléa.

Un statut défini au niveau national et interprofessionnel

Le statut de l’encadrement doit être défini au niveau de l’ensemble des branches professionnelles. Pas question que ce soit le patronat, qui, dans l’entreprise ou la branche, puisse décider unilatéralement qui relève ou non de l’encadrement, ni les droits afférents.

 

Une définition couvrant la diversité de l’encadrement

Le périmètre du statut de l’encadrement doit être défini à partir du contenu du travail, des fonctions exercées, du niveau de qualification et de responsabilité. Il doit couvrir la diversité de l’encadrement, et ne peut donc se limiter aux seuls encadrants. L’Ugict-CGT se battra pour que le périmètre soit au moins équivalent à celui des actuels affiliés à l’AGIRC et à ceux qui votent dans le collège cadre.

 

Un statut de l’encadrement adossé au salariat et à des droits qui ouvrent à nouveau des perspectives d’ascension sociale


La CGT et son UGICT défendront les propositions suivantes lors des négociations
 sur la « notion d’encadrement » qui vont s’ouvrir courant 2016. 

Pour obtenir gain de cause, nous aurons besoin de l’intervention et de la mobilisation des salariés. Ces questions nous concernent toutes et tous, l’enjeu c’est de gagner des droits nous permettant de redonner sens à notre travail, de faire primer notre éthique professionnelle sur le management par les coûts. 

Il s’agit d’arrimer nos missions à l’intérêt général, gagner la reconnaissance et le paiement de nos qualifications, relancer l’ascenseur social avec de vrais déroulés de carrière, construire le « professionnellement engagés et socialement responsables ». 

Alors que la révolution numérique est instrumentalisée contre le salariat, le statut de l’encadrement doit permettre aux salariés qualifiés d’exercer pleinement leurs responsabilités.

Il doit donc être adossé à des droits et des garanties.


La reconnaissance salariale de la qualification, la garantie d’un déroulement de carrière  et un droit à la mobilité.

Alors que les écarts salariaux entre les hommes et les femmes sont d’autant plus importants que l’on monte dans la hiérarchie de l’entreprise, ces dispositions sont fondamentales pour garantir l’égalité femme/homme. Il s’agit aussi de lutter contre le déclassement dont sont notamment victimes les jeunes diplômés et l’exclusion des seniors. L’enjeu, dans le cadre de la sécurité sociale professionnelle que revendique la CGT est de gagner des droits attachés à la personne quelque soit son contrat de travail ou son employeur.


Une protection sociale pour garantir la continuité du niveau de vie en cas de retraite, chômage, maladie ou projet familial.

Les allocations chômage ou le montant des pensions doivent être proportionnels au salaire !


L’exercice de l’éthique professionnelle et de la liberté d’expression, indispensable au plein exercice de la responsabilité.

Pour cela, l’Ugict-CGT propose la mise en place d’un droit d’alerte, de refus et d’alternative (dans lequel s’intègrerait un statut pour les lanceurs d’alerte), pour garantir l’exercice du professionnalisme contre le Wall Street management.


Evaluation et management :

Le droit à une évaluation transparente, fondée sur des critères objectifs et valorisant le collectif de travail, l’autonomie et l’initiative.


Temps de travail :

Tout travail doit faire l’objet d’un décompte horaire, a priori ou a postériori, les durées maximales de travail et minimum de repos doivent s’appliquer à l’encadrement, comme à l’ensemble des salariés. Un droit à la déconnexion doit en garantir le respect, comme pour les congés. L’objectif est de gagner une réduction effective de notre temps et charge de travail.

Publié le mardi, 09 mai 2017 dans Références syndicales