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Une enquête de l’APEC confirme le verrouillage du salaire des cadres

Ce jeudi 12 septembre 2013, l’APEC publie une enquête sur le salaire des cadres. Pour l’UGICT (CGT des Cadres), les résultats de cette enquête sont symptomatiques d’un malaise grandissant dans l’encadrement.

jeudi, 12 septembre 2013 | Communiqués
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La lettre .info

Les chiffres

L’enquête affirme en effet : « Les cadres seront moins augmenté en 2013. » Ainsi, la proportion d’entreprises n’ayant pas l’intention d’augmenter le salaire de leurs cadres progresse de 6 points pour atteindre 23 %, contre 17 % en 2012.
Les salaires d’embauche sont aussi revus à la baisse. D’après l’étude, ils passeraient de 37 k€, en 2011, à 36 k€ en 2012. Pour un jeune diplômé, il se situe en moyenne à 29 k€ avec des marges de négociations de plus en plus étroites.
 
Ces chiffres confirment les conclusions du onzième « baromètre Expectra », publié la semaine dernière, qui révélait que, sur les six premiers mois de 2013, la progression du salaire était verrouillée à 0,5 %*.
 
Dans le même temps, le nombre de cadres payés en dessous du plafond de la Sécu** ne cesse de croître depuis plus de 20 ans.

 
Une surenchère au dumping social ?


Pour l’UGICT-CGT, cette baisse généralisée s’explique par des politiques de rémunération des entreprises qui visent davantage à différencier les salaires de manière individualisée plutôt que de reconnaître les qualifications et l’expérience professionnelle.
 
Pourtant, la mise en place de grilles de classification salariale permettrait de garantir la reconnaissance et le paiement des qualifications dès le premier emploi, tout en assurant l’égalité homme-femme. En plus, grâce aux cotisations, ces leviers « mécaniques » permettraient d’assurer durablement le financement de la protection sociale, dont les retraites.
 
Les cadres sont aujourd’hui en demande de sécurisation de leur niveau salaire et c’est pourquoi l’UGICT-CGT propose la mise en place dans les branches professionnelles d’un Salaire Minimum d’Embauche et de Qualification***, c’est à dire un droit opposable et attaché à la personne, prenant en compte le niveau d’études et l’expérience professionnelle.
 
En outre, pour éviter l’érosion du pouvoir d’achat, il serait plus juste que le salaire fixe annuel égal évolue a minima en fonction du plafond de la Sécurité sociale, soit environ 3% par an
 

Les moyens existent pour sortir de l’impasse


Les employeurs bénéficient de 200 milliards d’euros d’aides publiques chaque année au titre de l’emploi et de l’investissement. À l’examen des résultats, le compte n’y est pas du tout. Ces aides méritent d’être évaluées et éventuellement remises à plat. Même Pierre Gattaz, le nouveau patron du Medef, reconnaît l’inefficacité de la moitié d’entre elles.
 
Ajoutée à une politique d’austérité, l’enfermement dans la « compétitivité-coût » conduit à une impasse sociale et économique. Pour l’UGICT-CGT, la rémunération à juste niveau des qualifications est une condition nécessaire de la relance économique et du financement de la protection sociale.


 
 
*Voir le communiqué de l’UGICT-CGT du 3 septembre 2013 : « Payer les qualifications c’est booster le social et l’économique ».
 
**Plafond de la Sécu : 37 k€ /an ; 3 086 € mensuel.
 
***Salaire Minimum d’Embauche et de Qualification : sur la base d’un SMIC (que la CGT revendique à 1 700 € brut mensuel), il s’agit de construire des grilles minimales tenant compte à la fois du niveau du diplôme et de l’expérience professionnelle acquise.
 
Exemple : pour un Master la CGT revendique 2 SMIC CGT soit 3 400 € brut mensuel, auxquels s’ajoute une évolution valorisant l’expérience professionnelle année après année, permettant au minimum de doubler le salaire au bout de vingt ans.