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Rencontres d'Options : Comment travailler, produire, consommer et vivre autrement ? (18 septembre 2020)

Rencontres d'Options du vendredi 18/09, à suivre sur place ou à distance, en partenariat exceptionnel avec l'Humanité et qui s'inscrit dans la Fête de l'Huma Autrement.

mercredi, 08 juillet 2020 | Actualités

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À distance vous pouvez suivre les débats et les commenter via la chaine YouTube de l'Humanité.

 

Le programme

 

8h installation et ouverture des locaux

8h30 : Accueil café

9h – 10h30 : Les leçons de la crise, l’urgence de changer de modèle

  • Urgence climatique et environnementale, problématique de la biodiversité 
    avec Hervé Le Treut ancien membre du Giec, membre de l’Académie des sciences  
  • Rapport sur les mesures de sortie de crise, analyse de la politique française
    avec un ou une intervenant·e du Haut Conseil pour le Climat (sous réserve)
  • Conséquences des politiques financières et court-termistes : état des lieux et pilotage du système sanitaire, des services publics, de l’outil industriel, de la recherche, et de la filière médicale
    avec Véronique Martin, Secrétaire confédérale de la CGT 
  • Changer le système, pas le climat !
    avec Aurélie Trouvé, ATTAC  

Valérie Goncalves, membre du bureau de l’Ugict-CGT introduira les enjeux de ces rencontres d'Options organisées en partenariat avec l'Humanité dans le cadre de la Fête de l'Humanité Autrement.

Ce débat sera animé par Marie-Noëlle Bertrand, journaliste à l’Humanité

à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=Ig-Ei1Vwfs4&;ab_channel=Journall%27Humanit%C3%A9

 

11h – 12h30 : Produire, consommer, vivre autrement : est-ce possible de concilier social et environnemental, réorienter la production, et redonner du sens au travail ?


  • Etat des lieux de la mondialisation de la chaine de valeur : quelle stratégie pour les relocalisations ?
    avec Marie-Claire Cailletaud, Dirigeante de la CGT en charge de l’industrie, Présidente du groupe CGT au CESE
  • Quelle définition de l’économie circulaire ?
    avec Anne de Betencourt, France Nature Environnement 
  • Concrètement on fait quoi des « industries polluantes » ? Concilier environnement et social, est-ce possible ?
    avec Laurent Trombini, Fédération métallurgie CGT
  • Regard et pratique d’une entreprise

 

Ce débat sera animé par Pierre Tartakowsky, rédacteur en chef d'Options

à voir ici https://www.youtube.com/watch?v=OvUH20nrWbU&ab_channel=Journall%27Humanit%C3%A9

 

14h – 16h : Maitriser la finalité de notre travail

  • Quel rôle et quelle place de la puissance publique ? Comment se protéger vis-à-vis des lobbys ? Quels moyens pour un Etat stratège ? 
    avec Fabienne Tatot, Ofict CGT de l’Equipement et de l’Environnement  
  • Quel outil pour évaluer et limiter l’impact environnemental de toute la chaine de production ?
    avec Alain PETITJEAN, Directeur du Centre d'Etudes et Prospective du Groupe ALPHA  
  • Quelles normes comptables ? Quel statut d’entreprise ? Quel financement de long terme des entreprises ? 
    avec Denis Durand, Directeur d'Economie et politique 
  • Comment intégrer l’exigence environnementale dans la formation des ICTAM (et en particulier des ingénieurs)
    avec Nicolas Graves, collectif pour un réveil écologique  
  • Quels leviers concrets de transformation ? Quels droits d’expression et d’exercice de la responsabilité professionnelle ? Quelle maitrise de la finalité du travail et des modes de production ? Quels nouveaux droits pour les IRP et les administrateurs salarié.e.s ? Quelles conditions pour les aides publiques ? Quel rôle des IRP ?Quel modèle de gouvernance et du statut d’entreprise ?
    avec Sophie Binet, co-secrétaire générale de l’Ugict-CGT 

Ce débat sera animé par Stéphane Guerard, journaliste à l’Humanité.

à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=l3feiHEXGiA&;ab_channel=Journall%27Humanit%C3%A9

 

[EN BREF] Futurs alternatifs : Comment travailler, produire, consommer et vivre autrement ?

La crise sanitaire inédite liée à la pandémie du coronavirus s’ajoute à présent aux crises sociale, économique et environnementale. L’épidémie a brutalement agi comme un révélateur. Nos sociétés n’ont jamais été aussi riches et développées technologiquement, elles se sont pourtant retrouvées totalement démunies face à la crise sanitaire. Cette dernière donne à voir l’échec du mode de développement capitaliste fondé sur l’exploitation des êtres humains et de la nature.

Le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité tel qu’étudié par les milieux scientifiques frappe d’ores et déjà les populations dans le monde entier et fait courir un risque immense à l’humanité entière à court terme avec de graves menaces sur l’avenir même de l’espèce humaine.

Malgré, l’accord de Paris adopté en 2015, fixant comme objectif de limiter à 2°C voire 1,5°C d’ici 2100 la hausse planétaire des températures, les émissions de CO2 repartent à la hausse. Et ce, même avec l’arrêt historique de l’activité économique mondiale dû au Covid, alerte l’ONU dans un rapport publié, il y a quelques jours. Notre planète est bien partie pour connaître ses cinq années les plus chaudes jamais enregistrées. Il est plus que nécessaire de réagir et d’apporter d’autres réponses.

Consciente de ces enjeux, l’Ugict-CGT a fait de la question environnementale une priorité de congrès, considérant que seul l’engagement du syndicalisme pouvait permettre de lier progrès environnemental et progrès social. Les Ingénieur.e.s, cadres et professions intermédiaires sont particulièrement sensibilisés à cette thématique dans leur vie quotidienne, mais bien souvent, malgré leurs responsabilités, leurs qualifications et leur place dans les processus de production, ils et elles n’ont pas les moyens de faire évoluer leur travail et leur entreprise pour limiter son impact environnemental. Leur capacité d’action se limite donc, pour l’essentiel, aux choix de consommation, au détriment du sens de leur travail.

l’Ugict constate que les questions environnementales sont trop souvent mal traitées par les entreprises, dans des logiques de greenwashing, et de culpabilisation des salariés sur l’empreinte environnementale quotidienne de leurs gestes de production. Le marketing des bonnes intentions, et les injonctions aux salariés, ne font pas une politique de transformation environnementale.

Nous pensons au contraire que l’engagement professionnel des salariés est une ressource pour envisager ce développement durable, et aider à une transformation de l’outil de production, au service du progrès social et environnemental pour sécuriser l’emploi et lui donner tout son sens, en maitriser son contenu, son organisation et sa finalité.

Nous souhaitons donc que les salariés et leurs représentants puissent s’investir dans ces enjeux environnementaux, et peser sur les choix et les pratiques de leur entreprise en la matière. Celles et ceux qui travaillent doivent être entendue à partir de ce qu’ils créent.

Nous pensons qu’il y a urgence à opérer une rupture avec le modèle économique basé sur les logiques d’austérité et de rentabilité financière pour en construire un autre basé sur le respect de la nature et l’Homme, un monde de justice social et solidaire.

Bâtir une société de demain dans laquelle l’Etat joue tout son rôle, de relocaliser notre industrie pour retrouver une maitrise des grands secteurs stratégiques du pays et notre souveraineté économique, avoir des services publics renforcés et une vie démocratique rénovée avec de nouveaux pouvoirs pour tous les salariés. N’est-ce pas à l’état de définir comment sont produites les richesses et comment elles sont redistribuées, de planifier son économie, de fixer des critères sur l’utilisation de l’argent public et sur le rôle des banques. Il est indispensable de lier urgence climatique et urgence sociale avec la création de millions d’emplois. Aujourd’hui c’est loin d’être gagné. Pour preuve, le plan de relance du gouvernement n’acte aucune rupture avec l’orientation économique et sociale du monde d’avant.

Alors que la pandémie est venue démontrer les failles qui résultent des politiques de sous-investissement en matière de recherche, la loi Pluriannuelle de la recherche actuellement en discussion au Parlement manque d’ambition puisqu’elle reporte un objectif de 3% d’effort national de recherche, que la France s’était fixé en 2010, à atteindre en 2030 voire plus.

Nos différentes tables rondes de la journée devraient nous permettre de débattre et d’éclairer sur Comment faire pour concilier enjeux sociaux, environnementaux et économiques ? Quel modèle de développement soutenable pour la planète ? Comment transformer notre outil de production ? Comment gagner concrètement des transformations, en-dehors du greenwashing ou des grands discours sans lendemain. 

 

Introduction pronconcée par Valérie Gonçalves, Ugict-CGT


 

Les contenus

La crise sanitaire inédite liée à la pandémie du coronavirus s’ajoute à présent aux crises sociale, économique et environnementale. L’épidémie a brutalement agi comme un révélateur. Nos sociétés n’ont jamais été aussi riches et développées technologiquement, elles se sont pourtant retrouvées totalement démunies face à la crise sanitaire, contraintes de recourir à l’outil frustre et médiéval du confinement. Si la crise était impossible à prévoir, son ampleur par contre est le fruit de plusieurs décennies de libéralisation accompagnées de privatisation des services publics, d’austérité et de délocalisations de pans entiers de notre économie, à commencer par l’industrie du médicament. La crise économique s’ajoutant à la crise sanitaire, les leçons semblent déjà oubliées. Comme en 2008, le capital profite de la crise pour imposer une stratégie du choc en utilisant le numérique pour ubériser l’économie et la société. Et prétexte de la crise économique pour enterrer toutes les normes sociales et environnementales.

Si encore une fois les lobbys financiers ont les mains libres et réussissent à imposer leur modèle, nous savons qu’en tournant le dos aux enjeux environnementaux, nous ne ferons que nous rapprocher de la prochaine crise, encore plus violente. Le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité tel qu’étudié par les milieux scientifiques frappe déjà les populations dans le monde entier et fait courir un risque immense à l’humanité entière à court terme. C’est avec une sidération certaine que nous vivons grandeur nature les conséquences de ces dérèglements qui seront de plus en plus nombreux si nous n’en prenons pas garde. L’origine de l’épidémie du coronavirus ne trouve-t-elle pas ses causes aux bouleversements que nous imposons à la biodiversité ? Rappelons en outre que la fonte du permafrost, en plus de libérer des Gaz à Effet de Serre, peut réveiller d’anciens virus disparus…

Les rencontres d’options, colloque organisé par l’Ugict-CGT à partir de son journal « Options », sont un lieu de débat, y compris contradictoire, et visent à confronter les points de vue de syndicalistes, d’acteurs de l’entreprise (DRH, PDG…) et d’universitaires.


Le premier temps de nos rencontres d’Options vise, à partir de l’actualité de la crise sanitaire, à faire un état des lieux de l’urgence environnementale.
 L’intervention de grands témoins, personnalités scientifiques ou associatives de renom a pour objectif de poser le décor.

 

Comment faire pour concilier enjeux sociaux, environnementaux et économiques ? Quel modèle de développement soutenable pour la planète ? Comment transformer notre outil de production ? Comment gagner concrètement des transformations, en-dehors du greenwashing ou des grands discours sans lendemain, en retrouvant la maitrise de la finalité de notre travail ?

 

 

Le reste de la journée sera centrée sur le débat sur les solutions, au-delà de l’état des lieux et des pétitions de principe. Cadres et professions intermédiaires sont particulièrement sensibles aux enjeux environnementaux. Du fait de leur place dans le processus de production et de leurs responsabilités professionnelles, ils peuvent jouer un rôle déterminant. Il faut pour cela leur permettre de retrouver la maîtrise de la finalité de leur travail et retirer la définition des orientations stratégiques des entreprises des mains des seuls actionnaires. Pour éviter que salarié.e.s en responsabilités ne posent ces questions déterminantes – et dérangeantes - , l’aspiration environnementale est trop souvent enfermée dans l’évolution individuelle des comportements de consommation, pour mieux occulter la question du mode de production des richesses, du sens et du contenu de la croissance.

 

 

 

 

Le 2e temps des Rencontres d’Options vise à débattre concrètement des modalités de transformation de l’outil de production La table ronde permettra de faire un état des lieux de la mondialisation des chaînes de valeur et de son impact sur l’environnement, de définir, au-delà des slogans et du greenwashing le concept d’économie circulaire, d’examiner les possibilités de relocalisation à travers des exemples de projets de filières et d’interroger le rôle de la recherche.  Au-delà, la table ronde sera l’occasion de s’interroger sur le sens et le contenu de la croissance en passant sur le grill le PIB, indicateur unique retenu actuellement pour mesurer les richesses.

 

Le 3e et dernier temps des rencontres d’Options sera l’occasion de passer aux travaux pratiques et d’examiner les leviers concrets de transformation. Comment permettre aux salariés qualifiés en responsabilité de retrouver la maitrise du sens et du contenu de leur travail ? Comment permettre aux IRP et salariés d’auditer l’impact environnemental de l’ensemble de la chaine de valeur ? Quelles normes comptables pour évaluer les externatlités de l’activité de l’entreprise ? Quel rôle et place de la puissance publique pour piloter ces transformations et contrôler l’impact environnemental ?


Il y a nécessité d’opérer une rupture avec les logiques d’austérité et de rentabilité financière et préparer dès maintenant un nouveau modèle économique, social et écologique. Bâtir une société de demain dans laquelle l’Etat joue tout son rôle, une relocalisation de notre industrie et ainsi retrouver une maitrise des grands secteurs stratégiques du pays, des services publics renforcés et une vie démocratique rénovée jusque dans les entreprises et les services publics avec de nouveaux pouvoirs pour tous les salariés.

Aussi, l’urgence sociale et écologique place notre pays et l’ensemble de l’humanité face à d’immenses défis. Ce sont des ruptures avec le monde d’hier et de profonds changements de politiques qu’il va falloir mettre en œuvre pour répondre aux besoins immenses de notre pays, de tous les pays. Si cette crise liée à la pandémie sanitaire actuelle révèle une crise de civilisation profonde et notre vulnérabilité face à des chaines de production mondialisée, elle révèle aussi que nous avons besoin de plus de coopération et de coordination à l’échelle du monde et de l’Europe.

 

 

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