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Agirc-Arrco : Les propositions immédiates et structurantes de la Cgt

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Campagne Agirc

La crise, provoquée par la fuite en avant dans la financiarisation de l’économie, sert d’argument pour exiger des réformes structurelles de l’ensemble des droits sociaux. Au nom de l’austérité, le monde du travail paye un lourd tribut. A terme, c’est la déstructuration de toute protection et reconnaissance sociales qui est recherchée.

La lettre hebdo

Les exigences et comportements du Medef dans la négociation sur les retraites complémentaires sont une parfaite illustration de cet objectif.
Le Medef a organisé le déficit des régimes complémentaires par une politique de contraction de l’emploi et des salaires et rejeté toute augmentation des ressources. Ainsi, tous les accords, non signés par la Cgt (depuis 1993), rognent les droits sociaux.


Aujourd’hui, il passe à l’étape supérieure : permettre aux marchés financiers de s’accaparer la manne de la protection sociale, à commencer par les retraites complémentaires, et d’organiser durablement la baisse du prix du travail.
Son offensive contre l’Agirc n’est qu’un cheval de Troie. En effet, la fusion de l’Agirc et de l’Arrco ne règle en rien le financement des régimes, puisqu’on ajoute des déficits. Mais elle induit la disparition de l’Agirc.
Or l’Agirc est un pilier de la reconnaissance des fonctions des cadres. Sa suppression entraîne la déstabilisation du statut cadre et donc des seuils de classification des conventions collectives. Leur effacement provoquerait, de fait, un écrasement de l’ensemble des grilles salariales.


Les enjeux de cette négociation interpellent notre capacité à rassembler les différentes catégories pour des mobilisations convergentes, en démontrant en quoi les intérêts des cadres impactent les intérêts de l’ensemble du monde du travail. Si les attaques frontales sur l’Agirc percutent d’abord les cadres, elles posent plus structurellement l’enjeu de la reconnaissance du travail qualifié, levier pour sortir de la crise et refuser le partage de la pénurie au sein du salariat. Les propositions du Medef d’acquérir moins de points de retraite et de décrocher la valeur du point du salaire constitueraient une double peine pour les actifs.


Enfin, les salariés du public sont aussi concernés, à travers les impacts du statut cadre sur la pérennité des catégories dans la fonction publique, les abattements jusqu’à 67 ans, sur le recul de l’âge légal de la retraite ou encore la structuration d’un régime à cotisations définies.
La Cgt porte des propositions concrètes, immédiates et structurantes pour la pérennité des régimes.

Elles permettraient de maintenir l’ensemble des droits sociaux sur la base d’un principe d’égalité :
– égaliser les taux de cotisations entre cadres et non-cadres, en augmentant de 2,45 points le taux de cotisation Agirc, permettrait de retrouver l’équilibre de l’Agirc jusqu’en 2040 ;
– investir l’enjeu de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, en créant une contribution d’équilibre transitoire à la charge des employeurs et dégressive selon les résultats en matière d’égalité salariale, aurait un double impact : mettre fin à un Medef hors la loi et accélérer la réduction des discriminations salariales ; engranger des ressources supplémentaires dans les caisses de retraite, qui annuleraient tout déficit à l’Arrco et réduirait de moitié le déficit de l’Agirc. Mais le Medef s’oppose vivement à ces propositions, arguant d’un impact négatif sur la compétitivité des entreprises.


Pourtant, une étude des services de l’Agirc et de l’Arrco, à la demande de la Cgt, prouve l’imposture des efforts partagés entre salariés et Medef pour le financement des retraites complémentaires.


L’introduction d’un troisième acteur, le retraité, prônée par le Medef, tend, dans les faits, à faire payer deux fois le salarié en tant qu’actif puis en tant que retraité et à ramener la contribution des employeurs de 60 % à un tiers et celle des actifs et retraités de 40 % aux deux tiers.
Au bout du compte, le Medef a donc économisé, sur le dos du monde du travail, depuis 1993, 106 milliards d’euros, qui n’ont pas dopé la compétitivité des entreprises.


La Cgt a dénoncé le principal handicap à la compétitivité des entreprises françaises : le coût du capital.
Ainsi, une étude de l’Insee de 2012 souligne « que le coût de la protection sociale pour les entreprises non financières totalisait 150 milliards d’euros, tandis que le coût des emprunts et des dividendes versés aux actionnaires s’élevait 
à 315 milliards d’euros ».
Ce n’est donc pas en s’exonérant de nouvelles contributions sur les cotisations que le Medef résoudra le problème de la compétitivité des entreprises.


La Cgt s’efforce d’obtenir le front syndical le plus unitaire possible sur les hausses de cotisations, sur une contribution du Medef à l’égalité salariale et une opposition à toute fusion Agirc-Arrco.
Les premiers échanges indiquent que son positionnement est rejoint, en partie, par Force ouvrière et la Cgc. Mais la négociation à froid trouve ses limites, notamment dans la multiplication des bilatérales organisées par le Medef.


Conserver l’intégralité les droits sociaux et éviter les impacts négatifs indirects impliquent la mobilisation, l’expression des salariés actifs, privés d’emplois, retraités, des cadres et des non-cadres.


La réunion conclusive aura lieu au mois de juin. La Cgt et son Ugict mettent à disposition un tract, une pétition, des affiches pour panneaux syndicaux, un diaporama d’information sur le site de l’Ugict.

L’Ugict organise une grande initiative de rassemblement des Ict, intégrant les retraites complémentaires, le 17 juin à la Défense, intitulée « Les Ict organisent leur Défense ».
S’emparer de tous ces éléments pour favoriser l’irruption indispensable du monde du travail et garantir la pérennité des droits sociaux des retraites est l’enjeu d’avenir de ces négociations.

Publié le lundi, 20 avril 2015 dans Editos d'Options et dans Options numéro 606à lire en ligne ici
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